Hugo Lorini / TC Media Les fraudeurs actifs depuis le début de l'année dans Émard-Côte-Saint-Paul ciblent des personnes âgées qui vivent aussi bien à la maison qu'en résidence.

Depuis le début de l’année, au moins cinq personnes âgées demeurant dans l’arrondissement du Sud-Ouest ont été victimes de la fraude téléphonique dite du «grand-parent» alors que deux autres tentatives ont échoué.

Les victimes, dont l’âge tourne autour de 80 ans, sont en majorité des femmes habitant dans Émard et Côte-Saint-Paul.

Au total, les arnaqueurs ont réussi à leur soutirer plus de 5000$, indique Chantal Vincent, agente sociocommunautaire au PDQ 15 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

La Section des crimes économiques du SPVM fait enquête.

Dans tous les cas le modus operandi est le même. Le suspect se fait passer pour le petit-fils de sa victime. Il dit avoir de gros ennuis. Habituellement, il raconte avoir des démêlées avec la police. Il affirme avoir un besoin urgent d’argent pour payer une amende ou une caution pour sa remise en liberté. Il explique à sa victime que quelqu’un passera prendre l’argent à la maison.

«Il demande de garder ça secret. De n’en parler à personne, précise. Chantal Vincent. Ça fonctionne. Il fait appel aux sentiments.»

Les fraudeurs ciblent des personnes qui vivent aussi bien à la maison qu’en résidence.

Le dernier cas en date est survenu le 13 avril. L’escroquerie a échoué grâce au travail d’information effectué par les policiers auprès des institutions financières.

«J’ai reçu un coup de téléphone. Il disait que c’était mon petit-fils, qu’il était aux États-Unis et qu’il avait besoin d’argent », relate celle que nous appellerons Diane. L’escroc prétendait s’être fait arrêter pour conduite avec facultés affaiblies. «Il me demandait 4700$ pour payer l’amende, précise la femme âgée de 78 ans. Il m’a dit: passe à la banque, je vais envoyer quelqu’un chercher l’argent à la maison.»

Elle avoue n’avoir jamais eu de soupçons. «Absolument pas. J’étais certaine que c’était mon petit-fils», dit-elle, mentionnant que «rendu à un certain âge, on oublie le son des voix des personnes au téléphone».

Diane s’est rendue à son institution financière pour retirer la somme demandée. «Je n’étais pas capable de rien lui refuser», dit-elle.

«Mais les banques et les caisses populaires ont été visitées par les policiers pour sensibiliser le personnel à cette série de fraudes», note Chantal Vincent. Dans le cas de Diane, le personnel a eu des doutes. Il a posé des questions et contacté un membre de sa famille. La transaction n’a pas eu lieu. «J’ai été vraiment chanceuse», reconnaît la septuagénaire.

«On ne peut pas empêcher une personne d’avoir accès à ses fonds», rappelle Denis Harnois, directeur Opérations et transactions assistées à la Caisse Desjardins de Saint-Henri et Ville-Émard. Mais une personne âgée qui désire retirer une grosse somme, «ça nous allume une lumière», dit-il. Le personnel n’hésitera pas à poser des questions.

Pas assuré
Les victimes de ce genre d’abus de confiance doivent faire le deuil de leur argent, explique Caroline Phémius, conseillère en affaires publiques au Bureau d’assurance du Canada (BAC). Ce n’est pas couvert par une assurance habitation, par exemple. «Il n’y a pas d’effraction. Il n’y a pas de cambriolage», souligne-t-elle. La victime remet l’argent de son plein gré.

Chantal Vincent croit que les fraudeurs pourraient avoir fait davantage de victimes. «Les personnes ne le rapportent pas toujours», constate la policière, précisant qu’il peut y avoir un élément de gêne à avouer qu’on s’est fait avoir par un escroc. «Mais c’est important que les gens le rapportent, insiste-t-elle. Des éléments pourraient aider les enquêteurs.»

Selon les chiffres de 2006 du Réseau québécois pour contrer les abus envers les aînés, 80% des fraudes commises par téléphone visent les personnes âgées de 60 ans et plus.

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