Martin Ouellet Amphibia-Nature / Collaboration spéciale Une couleuvre brune

Après avoir fait grand bruit en 2010, les couleuvres brunes du Nord qui vivaient sur les terres où est actuellement construit le nouvel échangeur Turcot ont été relocalisées dans deux secteurs voisins. Coût de l’opération: 75 000$. Les couleuvres ont survécu au déménagement.

La couleuvre brune du Nord est la plus rare des couleuvres de la province. On ne la trouve que dans la région de Montréal. C’est même le point le plus au nord où on la retrouve en Amérique du Nord.

Devant cette rareté de l’espèce, le déplacement des 144 spécimens était devenu une obligation avant que la machinerie lourde ne s’empare du secteur pour la construction du nouvel échangeur.

La condition 10 du décret pour la réalisation du projet de reconstruction stipulait d’ailleurs que des mesures devaient être prises pour protéger la couleuvre, qui figure depuis 1992 sur la liste des espèces «susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables» du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec.

2 contrats, 75 000$
Deux contrats totalisant 74 565$ ont été accordés à l’organisme Amphibia-Nature par le ministère des Transports du Québec (MTQ) pour vérifier la présence des couleuvres, les capturer, les relocaliser en dehors de la zone des travaux et assurer le suivi.

«Nous les avons relocalisées dans des secteurs proches de leur capture», précise le biologiste Patrick Galois, qui a procédé en 2011 à la capture, au marquage et à la relocalisation de 71 couleuvres dans la partie ouest de la falaise, près du boulevard Angrignon.

En 2013, pour le second contrat, le biologiste a procédé à la capture de 73 couleuvres dans un autre secteur. Elles ont été relocalisées un peu à l’est de l’échangeur.

Le travail de suivi pour voir comment ce second groupe s’est adapté à son nouvel habitat est en cours.

Clôture
Afin d’éviter la migration des reptiles, une clôture en textile d’environ 2 km a été érigée pour séparer leur habitat de la zone de chantier.

«La plus grande partie des travaux ayant un impact sur la falaise Saint-Jacques a déjà été réalisée ou est en cours de réalisation», note Sarah Bensadoun, porte-parole du MTQ, qui évoque le réaménagement du boulevard Pullman et les travaux du collecteur Saint-Jacques.

Couleuvre urbaine?
Amphibia-Nature avait été mandaté en 2007 par la Ville de Montréal pour faire l’inventaire de la faune dans la falaise Saint-Jacques qui s’étend entre le boulevard Angrignon et l’échangeur Turcot. Les biologistes ont alors constaté la présence de couleuvres brunes dans cet écoterritoire. «C’est la seule espèce de reptile dans la falaise», précise Patrick Galois.

La couleuvre brune du Nord n’aime pas vivre en forêt. «Elle se retrouve dans des milieux industriels, dans des zones abandonnées, des milieux ouverts», explique le biologiste. Elle ne se déplace pas beaucoup. Elle est assez sédentaire avec un rayon de déplacement d’une quarantaine de mètres.

Elle n’a pas la vie facile dans la région de Montréal. «C’est une zone où la pression de développement sur son habitat est assez élevé. Son habitat se réduit», analyse Patrick Galois.

La liste des espèces «susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables» au Québec contient présentement 115 espèces. On y trouve notamment l’esturgeon jaune, la grenouille des marais, le faucon pèlerin tundrius, la chauve-souris argentée et la baleine noire.

 

La couleuvre brune
Nom scientifique: Storeria dekayi
Couleur: brune avec deux séries de points noirs sur le dos
Grandeur adulte: maximum de 40 cm de long
Espérance de vie: 8 à 10 ans
Nourriture: vers de terre, limaces, escargots
Prédateurs: renards, chats et oiseaux
Géographie: on la retrouve principalement dans la région de Montréal


Communiquer ses observations

L’idée du projet n’est pas seulement de relocaliser les couleuvres brunes du Nord, mais aussi de recueillir de l’information sur l’espèce, souligne le biologiste Patrick Galois.
Amphibia-Nature invite le public à lui faire parvenir des observations de couleuvres. Des éléments à noter: espèce, date, lieu et si possible joindre une photo.
On fait parvenir les informations et les photos à info@amphibia-nature.org.

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