Cirka, la première distillerie artisanale à Montréal fabriquant ses spiritueux sur place de A à Z, ouvrira ses portes dans l’arrondissement du Sud-Ouest cet automne. Mais il faudra attendre encore un peu pour retrouver ses élixirs sur les tablettes de la SAQ.

C’est tout simplement sous l’étiquette «Cirka», du nom de l’un des trois associés, que les vodka, gin et whisky seront bientôt commercialisés.

Pour ce qui est du prix que les amateurs auront à débourser pour goûter les spiritueux, on l’ignore pour le moment. Le gin et la vodka seront disponibles au début de 2016 en importation privée par le biais de l’agence également responsable de la mise en marché auprès des bars et des restaurants.

Cette aventure représente un virage à 180 degrés pour JoAnne Gaudreau et Paul Cirka, le maître distillateur, qui travaillaient dans le domaine des nouvelles technologies, et John Frare, entrepreneur général. Ils ont choisi un bâtiment industriel de 7000 pieds carrés de la rue Cabot, à proximité du canal de Lachine, pour installer leur distillerie.

Les associés jouent la carte de la discrétion quant au nombre de litres qui pourront être produits annuellement. Ils se montrent tout aussi discrets sur l’investissement requis pour le démarrage de l’entreprise.

Le nectar coule
Deux gros alambics rutilants dominent la salle principale. L’un est dédié à la distillation du gin tandis que l’autre, doté d’une impressionnante colonne de plus de 7 mètres de hauteur, sert à produire la vodka et le whisky.

Les alambics ont commencé à livrer leur nectar. La production de la vodka et du gin a débuté. Quant à celle du whisky, elle doit démarrer en février. Il faudra être patient avant d’y goûter. Pour avoir droit à l’appellation de whisky canadien, il devra vieillir trois ans en barrique. «Nous allons avoir un single malt, un rye et un blend», annonce JoAnne Gaudreau.

Contrôler tout le processus
Dans le but de réaliser des économies, la plupart des distilleries artisanales ne produisent pas elles-mêmes leurs bases d’alcools. Elles achètent de l’alcool de grain neutre à partir duquel elles élaborent leurs spiritueux. Pas Cirka, qui distille toutes ses bases.

«Nous, c’est du grain à la bouteille, insiste JoAnne Gaudreau. On peut acheter de la soupe en boîte, mais il n’y a rien comme une soupe préparée avec un bon bouillon maison. Nous voulons contrôler tout le processus.»

Céréales, aromates: Cirka privilégie les produits d’ici. Lors de la visite de TC Media, la distillerie attendait la livraison de quatre tonnes de maïs.

«Nous allons avoir des produits très « terroir »», souligne Romain Cavelier, ambassadeur de la distillerie.

Pour les aromates, «beaucoup de produits viennent de la forêt boréale», précise celui qui a remporté en mai dernier le titre de meilleur mixologue du Canada lors de la finale nationale du concours Made with Love.

Ce n’est pas avant quelques mois que l’on saura si les produits seront en vente dans les succursales de la SAQ.

Les distilleries, qu’il s’agisse d’une grosse entreprise telle Seagram ou d’un petit producteur artisanal comme Cirka, sont encore peu nombreuses au Québec. On compte dans la province 24 titulaires d’un permis autorisant la fabrication de spiritueux.

 

Pas de vente directe pour le moment

Si vous désirez faire l’achat des spiritueux de Cirka directement sur les lieux de la distillerie, comme on peut le faire dans les vignobles et les cidreries, vous devrez prendre votre mal en patience puisque la loi québécoise ne le permet pas présentement. Pour le moment, tout passe par la Société des alcools du Québec (SAQ).

Dans un premier temps, ses produits seront disponibles dans des bars et des restaurants. La mise en marché sera assurée par un agent accrédité par la SAQ. Les particuliers pourront acheter gin, vodka et whisky en importation privée par le biais de ce même agent. «Mais comme pour le vin, ça va à la caisse», explique Renaud Dugas, porte-parole de la SAQ.

Les dirigeants de Cirka ont enclenché les démarches pour que leurs produits soient éventuellement disponibles dans les succursales de la société d’État.

Aucune garantie de ce côté, mais JoAnne Gaudreau est optimiste. «On a de bonnes chances d’y être», lance-t-elle.

Avant d’accepter un produit, la SAQ analyse des échantillons et se livre à des tests de dégustation. «Ça peut prendre quelques mois», explique Renaud Dugas.

Les distillateurs n’ont pas l’intention de se limiter à la Belle Province. «On ne regarde pas uniquement le marché québécois. C’est très petit», mentionne JoAnne Gaudreau. D’où les démarches amorcées également auprès du Liquor Control Board of Ontario.

Alors que les distilleries artisanales se multiplient au Québec, le député libéral Stéphane Billette avait présenté en 2013 un projet de loi pour leur permettre de vendre leurs produits sans intermédiaires. Elles auraient pu le faire, entre autres, dans un marché public, lors d’une exposition agroalimentaire, une foire ou un autre événement public. Mais le projet de loi est mort au feuilleton avec le déclenchement d’élections générales.

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