Hugo Lorini / TC Media La caméras mise au point par Nüvü Camēras est de 10 à 100 fois plus sensible que celles de ses concurrents.

Ayant conçu la caméra la plus sensible au monde, l’entreprise québécoise Nüvü Camēras, qui compte la NASA parmi ses clients, vient de quitter Côte-des-Neiges pour s’installer dans Griffintown.

Fondée en 2010 par Marie-Eve Ducharme et Olivier Daigle, elle loge depuis le 15 décembre sur la rue Peel, dans le Carrefour d’innovation INGO de l’École de technologie supérieure (ÉTS).

C’est là qu’elle assemble et perfectionne cette caméra vendue environ 50 000$ destinée à de nombreux usages qui vont de l’astronomie à l’imagerie biomédicale.

«Notre caméra est de 10 à 100 fois plus sensible que celles de nos concurrents», précise Marie-Eve Ducharme, présidente-directrice générale de l’entreprise.

C’est en 2009 qu’Olivier Daigle, astrophysicien et ingénieur, a mis au point le prototype de cette caméra ultra-sensible. L’appareil peut capter la plus infime quantité de lumière sans que des bruits de fond ne viennent altérer la qualité de l’image.

«Nous avons présenté le prototype dans une foire à San Diego, relate Mme Ducharme. La NASA s’est tout de suite montrée intéressée.» L’agence spatiale américaine est devenue le premier client de la jeune entreprise et envisage aujourd’hui de retenir cette caméra pour équiper son Wide Field Infrared Survey Telescope (WFIRST). Il s’agit d’un projet de télescope spatial, dont le lancement devrait avoir lieu au milieu des années 2020. «Ce serait l’œil de WFIRST», signale la pdg.

Dans le marché de la caméra ultra-sensible, Nüvü Camēras, qui compte aussi l’Agence spatiale canadienne parmi ses clients, rivalise essentiellement avec quatre entreprises situées aux États-Unis, en Irlande et au Japon.

Elles se livrent une concurrence féroce. Au point où Marie-Eve Ducharme se fait discrète sur le nombre d’employés et le nombre de caméras produites annuellement par l’entreprise, qui vend un peu partout dans le monde. Ce qui est clair, c’est que les affaires sont en progression. «Durant l’année financière 2015-2016, nous aurons produit autant de caméras qu’au cours de nos cinq premières années d’existence», indique-t-elle.

De l’infiniment grand à l’infiniment petit
Au départ, Nüvü Camēras ciblait le monde de l’astrophysique. Aujourd’hui, elle commercialise aussi ses appareils dans le domaine de l’imagerie biomédicale.

«Les limites sont infinies dans le secteur biomédical. Ça peut aider à diminuer la durée du séjour à l’hôpital et même sauver des vies», s’enthousiasme Mme Ducharme.

La caméra peut notamment contribuer à la prévention de maladies telles que le cancer. Des biomarqueurs fluorescents qui se fixent aux cellules cancéreuses sont utilisés pour détecter des tumeurs. «Ces biomarqueurs émettent peu de lumière», explique la pdg. Grâce à sa très grande sensibilité, l’appareil de Nüvü Camēras est en mesure de les détecter même quand le signal est très faible.

Aide financière
PME MTL Grand Sud-Ouest a accordé à Nüvü Camēras un prêt de 100 000$ pour l’aider notamment à s’installer dans ses nouveaux locaux.

«Elle fabrique un produit de très haute technologie, très performant au niveau mondial. Des entreprises comme celle-là, on y croit. On en voudrait beaucoup dans le Sud-Ouest», confie la directrice générale de l’organisme, Marie-Claude Dauray.

La possibilité d’accéder aux installations de l’ÉTS et la présence d’un bassin de main-d’œuvre formée par l’université sont des éléments qui ont pesé dans le choix de l’emplacement, note Marie-Eve Ducharme.

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!