André Desroches / TC Media Rasée par un incendie en 1693, la Maison Saint-Gabriel a été reconstruite cinq ans plus tard.

Joyau méconnu à une époque, la Maison Saint-Gabriel n’a plus rien d’un secret bien gardé. Si le musée ouvert il y a 50 ans ce mois-ci accueillait jadis moins de 8000 visiteurs par année, ils sont aujourd’hui 80 000 à franchir les portes de cette institution nichée dans Pointe-Saint-Charles.

Achetée en 1668 par Marguerite Bourgeoys, la Maison Saint-Gabriel a été la maison d’accueil des Filles du Roy, une petite école et une ferme de la Congrégation de Notre-Dame.

Rasée par un incendie en 1693, elle a été reconstruite cinq ans plus tard.

Les terres cultivées ont permis de nourrir les sœurs de Montréal. «La maison a été la mère nourricière de la congrégation», rappelle Madeleine Juneau, directrice générale du musée depuis 1997.

Cette vocation a pris fin au milieu des années 1950. C’est en mars 1966 que la maison est devenue musée et a ouvert ses portes au public. «La congrégation ne voulait pas garder pour elle ce trésor», explique la directrice.

À cette époque, l’endroit était peu connu. De 1966 à 1998, le musée a surtout accueilli des groupes scolaires. «Par un beau dimanche, il pouvait y avoir seulement 10 ou 12 visiteurs», relate Mme Juneau. Aujourd’hui, on en accueille entre 400 et 500.

L’envol
C’est en 1998, année du 300e anniversaire de la maison, que les choses ont pris leur envol.

Les activités organisée pour souligner cette date ont permis de faire connaître le musée à un plus large public. «Ç’a été le lancement. La maison a pris sa place. Elle a repris ses lettres de noblesse», souligne Madeleine Juneau.

À partir de ce moment, le nombre de visiteurs a connu un bond important, passant de 8000 à 25 000 par année, et il n’a fait qu’augmenter par la suite.

Depuis un demi-siècle, le musée poursuit deux missions: conserver le patrimoine et le diffuser par le biais de conférences, d’expositions, de visites guidées et autres activités. «Nous sommes des passeurs de mémoire», résume Mme Juneau.

Multitude de projets
Des activités sont au programme pour célébrer les 50 ans.

L’exposition Curiosités et trésors sera présentée à compter du 11 mai. Les visiteurs pourront voir 50 lots d’objets ayant une signification historique majeure puisés dans la collection du musée, qui en compte plus de 18 000.

La Maison Saint-Gabriel célébrera, mais sans excès. Elle garde ses énergies pour de grands rendez-vous à venir en 2017 avec le 375e anniversaire de la fondation de Montréal et les 150 ans de la Confédération canadienne. À cette occasion, un grand circuit historique sera mis sur pied en collaboration avec le Musée de Lachine, le Moulin Flemming de LaSalle et la Maison Nivard-De Saint-Dizier de Verdun. Le Jardin des origines sera inauguré et l’exposition Lever le voile prendra l’affiche. Elle mettra en lumière ce que les communautés religieuses féminines de Montréal ont apporté au Québec. «Ces femmes ont mis les bases de notre société. On n’en parle pas assez. Ce sont des femmes de vision», estime Madeleine Juneau, qui rappelle le rôle qu’ont joué les Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys et Marguerite d’Youville dans les domaines de l’éducation, de la santé et des services sociaux.

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