Photo Félix O.J. Fournier / TC Media Les grues sont omniprésentes dans plusieurs secteurs du Sud-Ouest de Montréal.

Les nouveaux développements du quartier Griffintown se retrouvent avec une place de choix lors des Week-ends visites libres, un événement de promotion de projets résidentiels qui se déroule actuellement dans le Grand Montréal.

Il est loin, le temps où les grues étaient pratiquement inexistantes de la métropole et qu’un secteur comme Griffintown n’était à peu près pas habité, explique Jacques Beaulieu l’organisateur d’événement et stratège de marketing qui a créé les Week-ends visites libres il y a 20 ans.

À la demande de la Ville de Montréal, M. Beaulieu avait eu l’idée de créer l’événement pour mousser le développement résidentiel. « Il n’y avait aucun grand projet d’envergure en cours de réalisation, c’était vraiment le calme plat », se souvient-il.

De quelques constructeurs associés à l’initiative en 1996, ils sont maintenant 80 d’entre eux à proposer leurs unités modèles. Et le Sud-Ouest fait définitivement bonne figure, à la fois pour les constructeurs et les acheteurs.

« C’est un phénomène qu’on voit en habitation. Des zones deviennent très attirantes. Avant, c’était le cas du Plateau-Mont-Royal, poursuit M. Beaulieu. Et maintenant, c’est l’ensemble des secteurs de l’arrondissement qui reçoivent un afflux d’investissement en résidentiel».

Trois projets de Griffintown se retrouvent parmi les finalistes du volet du choix du public des Prix Habitat Design, qui seront dévoilés le 20 mai prochain. Il s’agit des Bassins du Havre, sur la rue du Séminaire, le Lowney sur Ville, sur la rue Ottawa et le complexe Arbora.

Ce dernier, situé dans le quadrilatère William, De la Montagne, Ottawa et Eleanor, s’attire les éloges de M. Beaulieu. « Il s’agit d’une construction écoresponsable, avec des poutres en lamelles de bois assemblées avec de la colle qui deviennent aussi solides que le béton, soutient-il. Ce sera le plus grand complexe résidentiel au monde avec cette structure. »

De nouveaux voisins payants
Questionné sur les problèmes de mixité rencontrés par l’afflux de nouveaux résidants aisés dans le secteur, Jacques Beaulieu vante au contraire les bienfaits de l’essor immobilier.

«Ça va améliorer l’aspect fiscal de la métropole, et ce, à long terme, soutient-il.

Il vaut mieux construire dans les quartiers centraux qu’en banlieue de plus en plus éloignée, notamment pour des raisons écologiques. En soi, rapprocher la population du centre-ville est une bonne chose ».

Il est tout de même conscient que ces nouvelles résidences ne régleront pas tous les problèmes liés aux logements sociaux rencontrés dans le Sud-Ouest.

Ce constat positif n’est partagé qu’en partie seulement par Vicente Pérez, coordonnateur de la Coalition de la Petite-Bourgogne, dont la mission est de travailler à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens du secteur. «
Il y a effectivement des choses qui sont bonnes, évalue-t-il. Nous avons vu un ajout de plus de 600 nouveaux logements sociaux ou en coopérative et, si tous les projets se réalisent comme sur leurs plans, on pourrait atteindre le nombre de 1100 logements ».

Le boom immobilier a par contre poussé à la hausse le prix des loyers résidentiels et commerciaux dans les différents quartiers, dont près de 60 % pour la Petite-Bourgogne, estime-t-il. Rappelons de plus qu’en 2015, le prix médian au pied carré d’une copropriété dans l’arrondissement du Sud-Ouest était de 381$, le troisième plus élevé sur l’île de Montréal.

Entre 2010 et 2015, le prix médian au pied carré a grimpé pour sa part de 28%, la plus forte hausse sur l’île. « On a un développement résidentiel qui va à l’encontre de l’idée de garder les familles en ville », constate M. Pérez.
Le manque de commerces de proximités abordables est aussi criant selon lui. M. Pérez voit mal comment les établissements branchés, conçus pour attirer une clientèle aisée et de passage, pourraient se fondre dans la vie de quartier.

« Les nouveaux développements font fi de ce qui existait déjà », déplore-t-il, ajoutant que l’arrivée de nouveaux résidants peut être un atout non négligeable. S’opposer d’emblée à l’arrivée de condos, ce n’est pas intelligent. Il faut surtout encadrer efficacement le processus ».

L’important, selon lui, est d’encourager les citoyens déjà établis et les nouveaux venus à non seulement partager l’espace, mais aussi à créer la mixité souhaitable pour faire fructifier les aspirations de chacun.

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