André Desroches / TC Media Anti-Calèche Defense Coalition demande à la Ville de Montréal de bannir les calèches.

Deux semaines après un accrochage survenu dans Griffintown entre un cheval et une automobile, un organisme demande à la Ville de Montréal de bannir les calèches des rues de la métropole, tandis que des acteurs de l’industrie pressent plutôt l’administration Coderre de mettre en place des mesures pour mieux l’encadrer.

Anti-Calèche Defense Coalition a formulé sa demande à la suite de l’incident survenu le 20 avril. Le cheval qui tirait une calèche vide, sans cocher, est entré en collision avec une voiture. Personne n’a été blessé. L’animal s’en est tiré indemne.

«Ces chevaux ne devraient pas se retrouver dans la circulation, insiste Mirella Colalillo, porte-parole de l’organisme. Nous ne sommes pas des extrémistes. Nous demandons seulement: qu’est-ce qui est le mieux pour les chevaux?»

La Ville a dû composer avec une pression identique l’an dernier quand un cheval est tombé après avoir glissé sur une plaque d’acier.

Face aux incidents impliquant des calèches, «la Ville ne fait rien. Ce n’est pas une priorité pour le maire», déplore Mme Colalillo.

Denis Coderre a fait savoir en mêlée de presse, le 21 avril, qu’il n’écarte aucune option, incluant l’interdiction des calèches. Avant de prendre une décision, il attend l’analyse par les fonctionnaires des recommandations du rapport commandé l’an dernier à l’organisme Cheval-Cheval sur la «restructuration et la valorisation du patrimoine équin à Montréal».

Une meilleure formation
Pour Josée Lapointe, présidente de l’Association pour la protection du patrimoine équin en milieu urbain, «ce n’est pas tant l’industrie que la façon dont la Ville la gère» qui pose problème.

À son avis, il faudrait commencer par rendre obligatoire la formation des cochers. «Elle est laissée aux bons soins du propriétaire de la calèche. C’est à la Ville de mettre la barre un peu plus haut», souligne Mme Lapointe, précisant que l’organisme Québec à cheval donne une telle formation.

Elle plaide aussi pour l’établissement de trajets sécuritaires ainsi que pour des points d’eau et des zones d’ombre. «Que la Ville mette en place des règlements qui assurent la sécurité de nos chevaux», lance-t-elle.

Josiane Noiseux, directrice générale de la Fondation du Horse Palace, laquelle pilote le projet de reconstruction de l’écurie vieille de 156 ans située dans Griffintown, demande aussi un meilleur encadrement. «Il y a toujours des risques, mais ce n’est pas une raison pour interdire les chevaux en milieu urbain», estime-t-elle.

«Le travail peut être fait de manière sécuritaire», insiste Judy Waldon, cochère locataire au Horse Palace.

«Créer des trajets? Resserrer la réglementation sur l’émission des permis? Il y a plusieurs questions qui doivent être posées. Il y a une réflexion à faire, indique Josiane Noiseux. Nous sommes certains que la ville peut s’adapter.»

Toronto a interdit les calèches en 1998. L’organisme Victoria Horse Alliance demande à la ville de Victoria en Colombie-Britannique de les interdire d’ici la fin de 2017. Plusieurs villes américaines, dont Camden au New Jersey ainsi que Palm Beach et Key West en Floride les ont bannies de leurs rues.

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