Isabelle Bergeron/TC Media Paralysé, David redécouvre les joies de l'hiver grâce à son fauteuil muni de skis.

Pas facile de se promener l’hiver lorsque l’on est confiné à un fauteuil roulant, mais grâce à l’ingéniosité et à la générosité d’un entrepreneur de Verdun, David, 8 ans, atteint de paralysie cérébrale, peut désormais profiter des joies de l’hiver.

Nathalie Richard, mère du petit David, trouvait ardu et laborieux de pousser son enfant dans les rues enneigées et glacées de Verdun. Les sorties demeuraient donc limitées, au grand dam de David, qui adore l’hiver.

«Je cherchais une solution, car il aime sortir, explique-t-elle, lors d’une rencontre avec TC Media. On allait de moins en moins dehors, car ça devenait compliqué.»

Un prototype pour David
C’est lors d’une visite à la boutique Sport Campus que la mère explique son cas, sans trop d’attente, au gérant de l’entreprise.

«Le propriétaire, Laurent, m’a entendu parler et est venu prendre le relais de la conversation. Tout de suite, il a voulu aider.»

Après quelques recherches, le propriétaire du magasin de sport, aidé de son technicien, Gabriel, développe un mécanisme qui permet de fixer des skis spéciaux au fauteuil de David.

«Il m’a rappelé quelques semaines plus tard, car il voulait que j’essaie un prototype.»

L’expérience s’avère un succès: David peut de nouveau profiter de l’hiver et cesser de regarder la neige tomber par la fenêtre.

«Je peux l’amener au parc, le promener, il est heureux dehors, et moi j’adore le plein air.» La mère est reconnaissante envers son bon samaritain.

Père de famille «chanceux»
Laurent Gagnon admet ne pas avoir hésité lorsqu’il s’est lancé dans l’aventure.

«C’est important que les enfants puissent avoir du plaisir et puissent faire des activités, remarque-t-il en entrevue téléphonique. Je suis père de quatre enfants en santé – je touche du bois.»

Le propriétaire de l’entreprise familiale a déjà travaillé dans le domaine de l’aéronautique.

«J’ai eu un patron un jour qui m’a dit que rien n’était impossible. La mère est arrivée avec un problème, je savais qu’il serait facile de l’aider.»

M. Gagnon a déjà reçu des demandes d’autres familles qui aimeraient avoir des skis spéciaux. Il aidera, mais ne veut pas commercialiser son invention.

Sortir dehors
Dehors, il n’y a pas que le froid et la neige qui attendent David. C’est une aventure à chaque sortie.

« Lorsqu’on sort à l’extérieur, il tombe comme dans la lune, rapporte sa mère. Il a l’air de dormir les yeux ouverts en fait. Il est éveillé, mais il se repose.»

Pour elle, c’est également un moment de répit : «Ça me permet d’être plus calme et patiente avec David.»

Un choc
C’est à la 32e semaine de grossesse qu’elle reçoit la nouvelle fatidique: David a subi un accident vasculaire cérébral (AVC) dans son ventre.

«C’est un choc, se rappelle-t-elle. C’est dur à absorber.»

C’est à l’âge de 3 mois que le diagnostic tombe: paralysie cérébrale, épilepsie, cécité, déficience intellectuelle. Au fil des ans, David fait tellement de crises d’épilepsie – jusqu’à 20 par jour – que la neurologue donne un pronostic sombre: il devra se faire opérer au cerveau, sinon, il ne lui restera que 4 ans à vivre.

Des petits miracles
Le 14 mars 2013, les chirurgiens retirent le tiers du cerveau de David et déconnectent les deux hémisphères, afin de limiter les possibilités de crises d’épilepsie.

Depuis, sa qualité de vie s’est grandement améliorée.
«Je ne m’attendais pas à ce qu’il continue d’évoluer. Maintenant, il parle plus, il se nourrit, il regarde des livres tranquillement… Avant, il n’avait aucun intérêt pour les jeux», raconte sa mère, qualifiant de «cadeau» l’amélioration de l’état de santé de son fils.

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