Gracieuseté Les plans de la future école de Crawford Park, jugée trop grande par les détracteurs du projet.

Un total de 168 personnes ont signé dans la journée de mercredi le registre pour qu’un référendum soit tenu sur le projet d’école primaire dans le quartier Crawford Park, à l’extrémité ouest de Verdun. Seulement 134 signatures étaient nécessaires. Il y aura donc un vote, probablement en novembre.

«On a l’impression que des solutions plus simples et moins coûteuses n’ont même pas été envisagées. Pour nous, le référendum est une occasion de forcer les commissions scolaires anglophone et francophone à s’entendre et à partager des locaux», fait valoir une des membres du groupe qui s’est mobilisé pour inciter les résidents à signer le registre. Mère du quartier, elle préfère ne pas se nommer pour éviter que le conflit ne soit personnalisé.

Taille de l’école
Le groupe, en accord avec la construction d’une école dans Crawford Park, préférerait que celle-ci soit de plus petite taille afin de dédier plus d’espace à la cour et d’éviter une augmentation de la circulation automobile.

Le plan actuel prévoit 14 classes, soit deux de chaque niveau du primaire. Même si les détracteurs du projet avance que le ministère de l’Éducation pourrait accepter de financer une plus petite école, il s’avère que ce n’est pas le cas.

«Un projet de petite envergure pourrait être reconnu pour un cas particulier, par exemple en milieu rural où il n’y a pas un effectif scolaire permettant d’occuper 14 classes», précise Bryan Saint-Louis, relationniste du ministère. Il est donc peu probable qu’une école accueillant moins d’élèves soit envisagée à Verdun.

Avec la nouvelle école de Crawford Park, la CSMB disposera de 128 salles de classe dans l’arrondissement. Selon les données actuelles basées sur le nombre d’enfants de 0 à 5 ans à Verdun, il faudra 133 classes pour les accommoder en 2020-2021. Ce nombre pourrait augmenter si de nouvelles familles emménagent dans le secteur d’ici là.

Alternative
Les détracteurs du projet souhaitent que, pour accueillir tous les enfants, la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) loue plutôt des locaux de l’école Verdun Elementary à la Commission scolaire Lester B. Pearson (LBPSB), qui n’est pas utilisée à pleine capacité.

«On a fait nos devoirs. On a envisagé toutes les options et celles qui avaient trop d’impacts négatifs ont été écartées. Ce n’était tout simplement pas de bonnes solutions», répond la présidente de la CSMB, Diane Lamarche-Venne, sans toutefois énumérer les points qui ont mené à cette décision.

Elle avait évoqué la Loi 101 pour expliquer aux parents l’impossibilité de partager des locaux avec une école anglophone, mais il s’avère, après vérification avec le ministère de l’Éducation, que rien n’empêche cette cohabitation.

«La Charte de la langue française n’interdit pas à une commission scolaire francophone de prendre entente pour utiliser des locaux d’une commission scolaire anglophone afin d’y dispenser des cours en français. Certaines commissions scolaires partagent déjà des infrastructures», observe M. Saint-Louis.

Forcer le projet
L’école pourrait bien être construite et ce, même si le référendum révélait que les citoyens n’approuvent pas le projet.

La CSMB pourrait invoquer l’article 89 de la Charte de la Ville de Montréal au conseil municipal. Ce règlement permet à la ville-centre d’imposer un projet qui sert la collectivité, mais ne suscite pas l’approbation de ses voisins immédiats, comme un hôpital, une prison ou un aéroport.

Il a été modifié en 2012 pour inclure les établissements publics d’enseignement après qu’un projet d’école ait été retardé pendant près de cinq ans à L’Île-des-Sœurs.

Le bâtiment ne sera finalement pas prêt pour accueillir ses premiers élèves à la rentrée 2017, comme il avait été prévu.

Le registre signé sera présenté au conseil d’arrondissement d’octobre. Une date sera alors fixée pour la tenue du référendum.

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