Le Réseau Entraide Verdun (REV) n’a pas seulement trouvé une nouvelle adresse. L’organisme, qui offre de l’aide alimentaire aux plus démunis de l’arrondissement, a réussi à bonifier ses paniers hebdomadaires en y ajoutant de la viande grâce à l’utilisation ingénieuse de techniques culinaires habituellement réservées aux cuisines des grands chefs.

«Quand on a réalisé que Moisson Montréal pouvait nous fournir de la viande à condition qu’on la cuisine avant de la distribuer, on s’est dit qu’il fallait absolument trouver une solution pour y arriver», raconte le directeur du REV, Rudi Svaldi.

Les méthodes traditionnelles n’étant pas envisageables dans leur nouvel entrepôt de la ruelle Quinn, le REV s’est tourné vers le saumurage et la cuisson sous vide, qui consiste à sceller la viande dans des sacs pour la cuire à basse température dans un bassin d’eau chaude.

Cette technique très populaire dans les restaurants gastronomiques s’est avérée idéale puisqu’elle demande très peu d’équipement et permet une meilleure conservation.

Le REV reçoit désormais 23 boîtes de viande par semaine. «On peut ainsi offrir des produits pour passer la semaine au complet. Et puis, la viande, c’est ce qui coûte le plus cher à l’épicerie», ajoute M. Svaldi.

«C’est vraiment merveilleux, tout ce qu’on a. Quand tu n’as pas beaucoup d’argent, ça fait la différence», confirme Linda Mainville, une bénéficiaire du REV.

La réputation des paniers commence d’ailleurs à se répandre. Une heure avant le début de la distribution du lundi, une quinzaine de personnes font déjà la file.

Repartir à zéro
Les épreuves ont été nombreuses pour le REV dans la dernière année. Après avoir subi de nombreux sinistres dans leur local au sous-sol de la caserne de pompier du boulevard LaSalle, ils ont dû s’installer temporairement dans un camion pendant les travaux. Finalement, leur bail n’a pas été renouvelé.

Ne se laissant pas décourager, ils ont maintenu leur service de façon itinérante pendant un an, ce qui leur a malheureusement fait perdre de nombreux partenaires.

Leur nouveau local, quatre fois plus petit et trois fois plus cher, a mené à quelques changements. Le calendrier a été remanié pour éviter de tenir deux activités simultanément, faute d’espace. De plus, l’organisme doit dorénavant demander 5$ par panier.

Mais, puisqu’à quelque chose malheur est bon, le Réseau y a trouvé son compte. Situé plus près de la station de métro, l’entrepôt est plus facilement accessible. De plus, l’entrée donnant sur la ruelle simplifie les livraisons en plus de favoriser l’ambiance festive pour les barbecues du vendredi. Évidemment, la viande est au menu est les restes sont redistribués.

«On dirait qu’à chaque fois qu’on subit un coup dur, les bénévoles s’investissent davantage. Ça resserre les liens», commente M. Svaldi. À voir la quinzaine de volontaires faire la chaîne pour décharger le camion, cet attachement semble évident.

«On est comme une famille», acquiesce Henri Perreault, qui donne de son temps au REV depuis presque dix ans.

L’organisme est finaliste pour une bourse de 20 000$ remise par Centraide dans le cadre du Projet Impact collectif. Cette somme pourrait permettre au REV de mieux aménager son local et d’aider plus de Verdunois.

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