Le signe incontestable de l’arrivée officielle du beau temps est là: les oiseaux migrateurs sont de retour aux abords du fleuve Saint-Laurent. Les berges résonnent déjà du chant des quelque cinquante espèces qui les peuplent et elles atteindront la centaine dans les semaines à venir.

Le pépiement mélodieux des bruants chanteurs et les cris plus stridents des carouges à épaulettes accompagnent dorénavant les promenades de l’ornithologue amateur et Verdunois Jean-Marc Lacoste.

Toute l’année, le retraité arpente les berges, le Parc des Rapides et le Parc Angrignon à la recherche de compagnons ailés, même si c’est parfois un phoque commun qu’il croise, comme ça a été le cas en janvier.

«À chaque fois, c’est une surprise», s’exclame-t-il, donnant au passage quelques explications à un groupe d’enfants de garderie sur le pic mineur qu’ils ont aperçu à travers les branches.

Saison idéale
Le moment de l’année est bien choisi pour observer les oiseaux, les arbres n’étant pas encore trop garnis.

Les couleurs des volatiles sont également plus vives au printemps, période d’accouplement. Les épaulettes écarlates des carouges et les têtes émeraude des canards colverts sont beaucoup plus vibrantes.

Les grands pêcheurs, hérons, bihoreaux et grandes aigrettes sont déjà bien installés au Parc des Rapides et viendront pêcher jusqu’à Verdun et L’Île-des-Sœurs dès que le niveau de l’eau sera  redescendu.

«Au printemps, on croise aussi des oiseaux qui ne sont pas habituellement dans la région, comme les tournepierres à collier que j’ai aperçu il y a deux jours, commente le bioécologiste du Parc des Rapides, Michel Beaulieu. Ils sont tout simplement en route vers leur lieu de nidification, dans la toundra arctique.»

Conservation
D’ici quelques semaines, les Orioles de Baltimore, parulines à queue jaune et viréos mélodieux feront eux aussi leur apparition en même temps que les insectes dont elles se nourrissent.

«Pour faciliter la conservation de ces espèces plus petites, c’est très important de garder de petits arbustes et surtout des haies de cèdre, parce qu’ils font leur nid très bas. Ils préfèrent les haies puisqu’elles leur offrent une protection efficace contre les prédateurs», fait valoir M. Lacoste.

Les sternes pierregarin seront également de retour au mois de mai, la plus grande colonie du Québec se réunissant dans la région. Cet oiseau marin dont la pêche est spectaculaire est considéré comme une espèce menacée depuis 2003, principalement à cause de la destruction de son habitat.

Les sternes font leur nid au sol, sur le roc, dans des espaces sans végétation. Quelques petits îlots du fleuve Saint-Laurent sont donc un lieu parfait pour elles, comme l’Île Mud Pie, à l’ouest de L’Île-des-Sœurs.

«Le problème, c’est qu’il ne faut absolument pas que des kayakistes ou des plaisanciers se rendent sur l’île puisqu’ils risquent d’écraser les œufs ou les poussins», s’inquiète M. Beaulieu.

Pour ne pas nuire à la reproduction de toutes les espèces d’oiseaux en les effrayant ou en détruisant leurs nids, les promeneurs devraient éviter de marcher dans la zone boisée sur la rive du fleuve, celle qui se trouve plus bas que la piste cyclable. Les chiens devraient également toujours être tenus en laisse.

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