Hugo Lorini/TC Media Daphné Mailloux-Rousseau, directrice générale de L'Ancre des Jeunes.

Avec ses piercings, ses cheveux roux et son franc-parler, Daphné Mailloux-Rousseau est une figure émergente du milieu communautaire qui redéfinit complètement le genre. La jeune directrice de L’Ancre des Jeunes a changé l’image de l’organisme spécialisé dans la persévérance et le raccrochage scolaires sans jamais nuire à sa mission.

C’est en modifiant son propre regard sur le rôle de L’Ancre que Mme Mailloux-Rousseau a su convaincre les investisseurs et attirer l’attention de donateurs importants.

«Au début, je quêtais de l’argent, de la reconnaissance. J’ai changé de perspective quand j’ai réalisé que L’Ancre avait autant à offrir qu’à demander», raconte la psychoéducatrice de formation.

Exprimer ses valeurs
Sa réflexion a été simple. Puisqu’elle-même n’a pas l’impression de faire la charité aux jeunes, qui lui apportent énormément, elle n’avait qu’à faire voir aux entrepreneurs l’utilité de son organisme pour eux. Et c’est ce qu’elle a fait.

«Les entrepreneurs ont trouvé dans L’Ancre un véhicule pour exprimer leurs valeurs. Ils ont besoin de nous, eux aussi, que ce soit pour compenser les impacts de leur compagnie ou bien simplement pour se démarquer de leurs compétiteurs», explique Mme Mailloux-Rousseau.

Ses démarches sont visiblement efficaces puisque la dernière soirée-bénéfice a attiré 800 convives, un nombre particulièrement impressionnant pour un organisme local.

«Deux arguments m’ont convaincu: les résultats impressionnants de L’Ancre et… Daphné. Son énergie, sa passion. Cette fille est un vrai dynamo. Ça donne le goût de s’impliquer avec elle», fait valoir Sébastein Fauré, le chef de la direction de Bleublancrouge, l’agence de marketing qui a organisé ce souper de crabes gratuitement pour L’Ancre.

La directrice générale a donné à son organisme la fougue et le dynamisme du heavy metal qu’elle écoutait adolescente et qui semble encore transparaître dans son petit côté rebelle.

Figure dissonnante
«Je n’ai pas étudié au HEC, j’ai moins de 40 ans et je suis une fille alors c’est certain que je détonne», constate Daphné Mailloux-Rousseau.

Quand elle a pris en 2011 les rênes de l’organisme où elle avait complété son stage huit ans plus tôt, Mme Mailloux-Rousseau avait le syndrome de l’imposteur. Elle se trouvait trop jeune, trop inexpérimentée à seulement 30 ans, pour hériter de la direction de L’Ancre, qu’elle portait en très haute estime.

Ce sont deux de ses collègues du conseil d’administration, où elle siégeait alors comme trésorière, qui l’ont convaincue qu’elle avait toutes les qualités requises.

En lui faisant réaliser son potentiel, ils ont fait ce qu’elle faisait tous les jours avec les jeunes de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys.

Maintenant tout à fait confiante, le regard de Mme Mailloux-Rousseau se porte vers l’avenir. Elle travaille actuellement à la mise en place d’une boîte à outils qui permettra d’implanter la méthode de L’Ancre partout au Québec et espère faire croître l’organisme pour lui permettre d’accueillir davantage de jeunes.

«Dans le fond, je travaille pour perdre ma job. Le plus beau jour de ma vie, ce sera celui où on fermera L’Ancre parce qu’on n’en aurait plus besoin, qu’il n’y aurait plus de décrochage. Mais on n’est vraiment pas rendus là», déplore-t-elle.

Le taux de décrochage scolaire se situe autour de 30% à Verdun.

L’Ancre en chiffres

  • 140 jeunes de 9 à 20 ans par année
  • 4 arrondissements (Verdun, Sud-Ouest, LaSalle, Lachine)
  • 26 ans d’existence

Le travail et l’énergie de Daphné Mailloux-Rousseau lui ont valu d’être finaliste au Concours Arista, qui récompense les jeunes leaders du Québec.Le public peut voter pour son candidat favori sur le site du concours.

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