Andréanne Moreau/TC Media Le site de la Maison Nivard-de-Saint-Dizier permet d'utiliser le processus de stratigraphie, c'est-à-dire de creuser par couches, en dévoilant les époques une à une.

Pour la deuxième année, des étudiants en archéologie de l’Université McGill exploreront le sol aux alentours de la Maison Nivard-de-Saint-Dizier, à Verdun. Ce site est un des rares lieux publics aussi riche en artéfacts, puisqu’il a été occupé sans arrêt pendant près de 6000 ans. Qui sait ce qu’ils y découvriront?

«Toutes les périodes sont représentées ici. On s’y est arrêté fréquemment, probablement à cause des rapides, qui imposent le portage. Ça représentait certainement une occasion de passer quelques jours et de profiter des ressources locales comme l’abondance de poissons», propose le professeur adjoint en archéologie de l’Université de Montréal, Christian Gates Saint-Pierre.

Spécialisé en préhistoire, il est l’un des professeurs qui supervisent le chantier, en collaboration avec l’équipe de McGill.

Si le site a été fouillé à plusieurs reprises depuis 2005, d’abord par une entreprise privée engagée par la Ville et ensuite grâce à l’entente universitaire, la zone explorée cette année est une des plus grandes jamais ouvertes.

«Malgré tout ce qui a été découvert jusqu’à maintenant, on en est encore au tout début de notre compréhension du site», ajoute-t-il.

Méthodes complexes
Les apprentis archéologues ne savent pas ce qu’ils trouveront, mais ils ont bien sûr émis quelques hypothèses. «On aimerait voir comment les foyers s’organisaient, s’ils étaient rapprochés ou éparpillés sur le terrain», précise M. Gates Saint-Pierre.

Pour y parvenir, ils disposent de moyens divers. Ils pourront par exemple identifier les endroits où des piquets de bois ont été plantés grâce aux empreintes laissées qui noircissent la terre en se désagrégeant. Ça laisse sous-entendre qu’un abri a été érigé et permet de dresser un plan de l’aménagement.

D’autres indices intéressants peuvent également être mis au jour. «Grâce à des morceaux de poterie en céramique, on peut identifier ce que ces pots contenaient et donc ce que les gens mangeaient», ajoute l’archéologue.

C’est ainsi qu’il a découvert il y a quelques années qu’un peuple autochtone commençait à se sédentariser, en identifiant sur un morceau de céramique des traces de maïs, ce qui impliquait une culture agricole.

Découvertes pour tous
Le grand public pourra profiter des découvertes réalisées par l’équipe tout au long de leur présence en posant des questions à un étudiant sur place ou en assistant à l’atelier offert chaque samedi à la Maison Nivard-de-Saint-Dizier.

«En plus de permettre la formation des étudiants, on a voulu profiter de l’occasion pour faire connaître l’archéologie au public», fait valoir Anne-Marie Belleau, agente de programme éducatif à la maison.

Un laboratoire en plein-air sera également installé directement sur le site afin que les visiteurs puissent, pendant les heures d’ouverture du chantier, assister et participer au tamisage et au nettoyage d’artefacts.

Les étudiants tiendront aussi un blogue sur le site de la Maison, où ils rendront compte de leurs avancées et parleront des méthodes utilisées ainsi que de leur passion pour leur futur métier.

Tous les artefacts trouvés seront remis à la Ville de Montréal, tout comme une copie du rapport de fouilles.

Le chantier est ouvert jusqu’au 23 juin du lundi au vendredi, de 9h à 16h.

Les ateliers sur l’évolution du chantier sont offerts à la Maison Nivard-de-Saint-Dizier les samedis, de 14h à 16h.

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