Andréanne Moreau/TC Media Plusieurs experts se sont exprimés sur les solutions possibles afin d'éviter le démantèlement du patrimoine culturel et architectural que représentent les églises.

Depuis le début des années 2000, la très grande majorité des églises de Verdun ont été démolies ou vendues à des investisseurs privés. D’un autre côté, le comité de sauvegarde de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs a réussi à assurer le maintien de ce lieu central de la rue Wellington. L’endroit était donc tout désigné pour accueillir un colloque portant sur la sauvegarde du patrimoine religieux québécois.

Toute la journée, vendredi, architectes, urbanistes, historiens de l’art, membres de congrégations religieuses, marguillers et paroissiens se sont rassemblés pour discuter des différentes façons d’assurer le maintien des églises, partie importante du patrimoine architectural québécois, sans les dénuer de leur sens.

«Les gens ne pratiquent peut-être plus, mais ils ne sont pas pour autant prêts à voir les églises disparaître du paysage québécois», fait valoir Lyne Bernier, urbanologue et chercheuse à la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’UQAM.

Caroline Clermont, architecte du Diocèse de Montréal, abonde dans le même sens, ajoutant que les souvenirs et l’attachement des gens à ces bâtiments fait de chaque vente un sujet sensible pour les membres du clergé qui doivent en décider.

L’exemple verdunois
«Verdun est tout à fait symptomatique de ce qui s’est passé un peu partout au Québec et a perdu une grande partie de ses bâtiments religieux en un très court laps de temps», explique Mme Bernier.

Saint-John-the-Divine a été transformée en appartements de luxe, l’église anglicane All Saints dans Crawford Park a été vendue à une communauté sikh, trois églises sur la rue Gordon ont été démolies et bien d’autres ont connu le même sort.

«L’exemple de Notre-Dame-de-la-Paix m’a pincé droit au cœur», raconte l’historien et animateur, Gilles Proulx. Le Verdunois de naissance a livré un vibrant plaidoyer pour la conservation de l’architecture religieuse montréalaise, proposant que des règles strictes obligent les acheteurs à garder les vitraux, le clocher ou la façade, lorsque c’est possible, et à interdire la conversion en lieux qui ne servent pas la communauté.

«Nous sommes aujourd’hui dans un endroit exceptionnel. Notre-Dame-des-Sept-Douleurs a vu passer combien de milliers de paroissiens, de leur naissance à leur mort. Il ne faudrait surtout pas qu’elle meure à son tour», clame-t-il.

Pistes de solution
Bien sûr, toutes les églises ne peuvent conserver leur vocation spirituelle, le nombre de croyants étant plutôt à la baisse et la quantité d’églises sur l’île de Montréal étant plus qu’imposante. Cependant, des conversions respectueuses de leur première vocation doivent être envisagées, selon l’urbaniste et conseiller en patrimoine religieux, Samir Admo, un des conférenciers du colloque.

Biliothèques, Centres de la petite enfance, maisons de retraite, salle de spectacle, les idées sont nombreuses et le Québec a développé une grande expertise sur le sujet depuis la fin du dernier siècle.

L’urbaniste en a profité pour citer quelques exemples de réussites montréalaises, notamment la transformation de Sainte-Brigide-de-Kildare, près de la maison de Radio-Canada.

Grâce à plusieurs subventions de différents paliers gouvernementaux, le bâtiment a été converti pour accueillir une coopérative d’habitation pour artistes et deux organismes oeuvrant contre l’itinérance. Le projet n’est pas terminé puisqu’il comptera dans les prochaines années un lieu de création pour deux compagnies de théâtre, entre autres.

Le colloque a permis aux paroissiens, aux citoyens et aux membres des communautés religieuses rassemblés pour y assister de voir les possibilités de reconversion qui pourraient être envisagées pour les bâtiments auxquels ils tiennent et les moyens d’y arriver.

La solution n’est donc pas toujours la démolition. Mais, pour que les églises puissent trouver de nouvelles vocations communautaires, l’implication des municipalités est cruciale. C’est le constat de chacun des intervenants de ce colloque.

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