Dans son magasin de la rue Wellington, Jean-Pierre Riopel est le seul à aiguiser les patins artistiques. Cette passion qu’il exerce depuis 14 ans l’amène à servir les athlètes de haut niveau, dont les médaillés d’or des Jeux de Peyongchang, le couple de patineurs en danse Tessa Virtue et Scott Moir.

M. Riopel a commencé à s’occuper d’Olympiens il y a quatre ans, dans le magasin du centre Gadbois où se trouve le centre d’entraînement d’athlètes internationaux, avec les patineurs espagnols Adrian Diaz et Sara Hurtado. Il est depuis devenu copropriétaire de Sport Campus La Source du Sport, à Verdun. Voilà maintenant 18 mois qu’il prend soin des lames du couple de danse canadien Virtue et Moir.

«Certains, comme l’Américain Zachary Donohue, portent eux-mêmes leur matériel au magasin, affirme l’aiguiseur. Ce sont tous des jeunes et la plupart sont originaires d’autres pays, donc il faut les aider un peu. Il m’arrive de récupérer leurs patins vers 18h à l’aréna puis de les rapporter aiguisés à minuit pour qu’ils puissent les utiliser dès le lendemain matin.»

Unique
Les Français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, qui s’entraînaient à Montréal, ont fait examiner leurs lames la veille de leur départ pour les Jeux de Pyeongchang.

«Ils ne les retouchent plus jusqu’à la fin de la compétition, car il n’y a pas un professionnel qui travaille de la même façon. C’est pour ça qu’année après année je suis avec eux. J’ai trouvé le degré d’aiguisage qu’ils aiment, maintenant c’est devenu un automatisme et ils auront à chaque fois le même rendu, donc ils peuvent être confiants avant de partir pour une compétition», assure M. Riopel.

Lors des demandes urgentes des patineurs, le Verdunois n’hésite pas à fermer son magasin pendant 25 minutes pour s’assurer de fournir un travail de qualité, sans défaut et avec deux côtés aiguisés à l’identique. L’attention qu’il consacre aux Olympiens est la même que celle qu’il porte à tous ses clients.

Son implication ne se limite pas à la préparation puisqu’il s’est notamment rendu à Pierrefonds pour voir les Canadiens sur la glace et il a suivi leur classement en Corée.

Fierté
«C’est une énorme confiance qu’ils m’accordent puisque c’est la seule chose qu’ils ont au pied, souligne M. Riopel. C’est une fierté quand je regarde où j’en suis rendu, car j’ai commencé à une petite place, mais c’est un travail d’équipe avec ceux qui créent les costumes ou encore ceux qui entraînent les patineurs. On communique ensemble pour que ce soit facile pour tout le monde.»

Le professionnel âgé de 29 ans réalise environ 150 aiguisages par semaine. Il parle de son métier comme d’une occasion de parler de ce qu’il aime, même s’il n’a pas réussi à percer au hockey.

À l’avenir, il pense former un employé pour lui venir en aide. Il s’attend à ce que l’école de patinage artistique de Patrice Lauzon et de Marie-France Dubreuil, les entraîneurs de Virtue et Moir avec qui il collabore, continue de prendre de l’ampleur et d’attirer de nouveaux sportifs.

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