TC Media - Isabelle Bergeron Liette Desjardins a fini sa carrière au Centre Wellington et elle y présentera en mai l'une de ses toiles lors de l'exposition "Parle-moi d'amour".

Après 37 années à l’Institut Douglas, l’infirmière clinicienne Liette Desjardins prend sa retraite, mais garde un lien avec la santé mentale. À 58 ans, elle reprendra le mois prochain «Soigner entre les lignes» dont son article sur le suicide lui avait valu en 2013 le prix des meilleurs blogues de science francophones.

Pourquoi vous intéressez-vous à la santé mentale?

C’est ce que j’avais décidé quand j’avais fait ma formation. En 1980, le Douglas sortait d’une période asilaire. Quand il est devenu membre des soins de santé, une demande spécifique a été faite pour que les personnes responsables des départements ou des services soient des infirmières bilingues, et c’était mon cas.

Encore aujourd’hui, il y a toute cette incompréhension de la population et les gens ont peur des problématiques de santé mentale. En même temps, il y a toute la richesse par rapport à l’accès à l’intimité et aux difficultés à composer avec la vie. Ce qui m’intéresse, c’est de mieux comprendre les situations personnelles et savoir comment aider les gens. Ce n’est pas nécessairement donner des réponses, mais poser des questions pour qu’ils aient une idée plus claire de leur situation.

Avez-vous eu à composer vous-même avec des problèmes de santé mentale?
Quand j’étais jeune, j’ai probablement fait de l’anxiété de séparation à la suite d’une hospitalisation à l’âge de quatre ans. Il y a une façon de comprendre la vie ou les règles que je n’avais pas à l’époque et que j’ai acquise. En 2000, j’ai aussi fait une dépression.

C’est une des bonnes façons d’être empathique, même si ce n’est pas nécessaire. Beaucoup de gens vont en relation d’aide parce qu’ils ont été touchés par la maladie mentale, soit eux-mêmes, soit dans leur entourage. Quand on découvre quelque chose chez soi qui est unique, on en fait une maladie ou un emploi.

Pourquoi avez-vous décidé d’arrêter d’exercer?
J’ai une amie qui a eu un diagnostic en 2016 d’un cancer du poumon avec métastases au cerveau. Elle est décédée en janvier de l’année passée, l’équivalent de deux jours après sa retraite. Je n’étais pas tannée de travailler, mais je voulais investir autrement ce que j’aime faire parce que je me définis comme une artiste qui veut aussi écrire et peindre. La deuxième raison est qu’il y a beaucoup de changements dans la façon de travailler. L’Institut Douglas s’est peu à peu fondu à l’intérieur du CIUSSS de l’Ouest-de-l’île-de-Montréal.

Quels sont vos projets pour la suite?
Je mets des choses en place pour rester occupée. Je me suis inscrite au taï-chi et je vais à un atelier de peinture une fois par mois. Je vais aussi reprendre mon blogue puisque j’ai fait un certificat en créativité littéraire et que c’est une façon d’élargir mon travail d’écrire tout en sensibilisant les gens à une problématique liée à la santé mentale.

J’ai écrit un article par mois environ, de 2009 à janvier 2015, sur des sujets liés à des événements qui me marquaient. J’en ai fait sur le développement de l’échelle de triage et de gravité, sur comment annoncer un drame aux enfants ou encore sur travailler avec une pair experte.

Je vais probablement avoir des hyperliens vers ces anciens articles, mais ce ne sera plus sur le site internet de l’Institut Douglas puisque je ne suis plus une employée. Le nom Soigner entre les lignes m’appartient toujours donc je vais l’utiliser. Je parlerai alors de choses qui existent et qui sont aidantes, mais qu’on ignore, comme les activités de la Ruche d’art où les gens peuvent se réunir pour faire de l’art. C’est aussi pousser la réflexion sur des sujets comme l’intervention policière.

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