IDS/Verdun Hebdo - Denis Germain Le 16 juillet, les deux amis, Éric Lamontagne et Éric Lepine, avaient déjà récolté près de 4 500$ sur les 15 000$ espérés.

Les Verdunois Éric Lépine et Éric Lamontagne repartent en campagne pour récolter 15 000$ au profit des camelots du groupe communautaire L’Itinéraire. Les quelque 130 personnes qui vendent le journal dans la rue ou dans le métro devraient ainsi avoir cet hiver de nouveaux manteaux.

C’est la troisième fois qu’Éric Lépine sollicite la générosité des Verdunois pour l’accompagner dans un projet de solidarité. Tout a débuté en 2016, lorsqu’un cancer a été diagnostiqué à un enfant d’une de ses collègues et qu’il a réussi à amasser 6 800$.

L’année suivante, il a reparlé de cette expérience avec son ami du secondaire avec qui il joue toujours au hockey, Éric Lamontagne, qui a souligné l’incroyable solidarité. Ils ont alors réuni leurs forces et récolté 15 000$ à destination d’organismes communautaires comme Book humanitaire de Verdun et Société de Saint-Vincent de Paul, en plus de vêtements notamment donnés à L’Itinéraire.

«Mon père est un ancien itinérant et il s’en est sorti grâce à L’Itinéraire, raconte M. Lépine. C’est un organisme fantastique qui a tout le temps besoin d’argent. L’an dernier, on avait donné aux itinérants tous les manteaux d’hiver récupérés.»

Cette action lui a fait rencontrer le directeur général de L’Itinéraire, Luc Desjardins, qui lui a fait part d’un besoin au cas où une troisième édition verrait le jour. Il était à la recherche de manteaux pour les camelots.

Expérience personnelle
Jusqu’à ses 14 ans, Éric Lépine n’a pas beaucoup vu son père, Yvon Massicotte, qu’il décrit comme un grand adolescent qui fait de son mieux.

«Il a eu des bad lucks et des accidents de travail, mais on est tout le temps un peu responsable de ses actes. […] J’étais sensible à ce qu’il vivait, mais j’avais 30 ans environ, une vie à mener et je ne savais pas comment l’aider alors que je me cherchais moi-même. Je me sens aujourd’hui suffisamment fort pour redonner», reconnaît-il.

Lorsque la situation d’itinérance a débuté, M. Lépine vivait aux États-Unis et les échanges se faisaient surtout par téléphone, ce qui a écarté le sujet des conversations. Jamais durant les trois années le fils a été embarrassé, bien au contraire, il parle d’une expérience de vie très riche.

«On est tout le temps à deux ou trois bad lucks d’être dans la rue, souligne M. Lépine. Ça peut être une séparation ou une perte d’emploi, l’itinérance n’est jamais vraiment loin et ça peut arriver à tout le monde. J’ai tout le temps été sensible au sujet et reconnaissant que ma vie va bien, avec un travail et des enfants en santé.»

À 65 ans, M. Massicotte vend encore le journal L’Itinéraire à la station Université de Montréal et il forme les nouveaux camelots. En tant que retraité, il participe à des conférences dans des prisons et des hôpitaux, en plus de travailler avec le Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux pour parler d’itinérance. Il a même réussi aujourd’hui à avoir un petit logement dans un HLM.

Projet
Le nombre de camelots à Montréal s’élève à 130, mais L’Itinéraire souhaiterait avoir une marge de manœuvre de 20 manteaux. Les deux initiateurs du projet ont estimé que chaque unité leur coûterait 100$ donc ils cherchent à obtenir 15 000$, mais ils sont en discussion avec des fournisseurs pour faire tomber les prix.

L’idée est d’avoir des manteaux trois quarts, noirs, brodé «L’Itinéraire» à l’avant comme à l’arrière, qui puisse servir à l’automne comme à l’hiver.

«Les gens qui vendent le magazine ont tous des manteaux dépareillés et ne sont pas vraiment reconnaissables. En portant ce manteau, ça leur donnerait un sentiment d’appartenance et l’impression de travailler pour une compagnie qui a pignon sur rue. Ça donne moins un genre de quêteux, donc ça fait sérieux et on va pouvoir les voir de loin, donc les camelots pourront augmenter les ventes», espère M. Lépine.

Le Verdunois compte bien atteindre sa cible, d’autant plus que près d’un tiers du montant a été récolté après une semaine. Il imagine déjà l’an prochain développer un projet pour les enfants malades.

Pour plus d’infos.

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!