Gracieuseté - Caroline Rousseau Depuis trois ans, la Tricoteuse du peuple réalise des performances qui font suite à des ateliers de création.

Dans le cadre des Journées de la culture, la Tricoteuse du peuple, alias Ève Marie Langevin, réalisera une performance devant le Quai 5160.

La Verdunoise installera le tricot-graffiti réalisé avec une poignée de participants lors d’un atelier de création qui s’est déroulé le mois passé.

«Pour ce projet, il y a un volet littéraire, poétique, souligne-t-elle. Il y a des lectures que j’ai faites pour mettre les participants en appétit, sur le thème de la création du monde, du premier homme et de la première femme. Puis, je les ai invités à créer la suite de l’histoire.»

Lors d’une seule rencontre, ils ont tricoté et ont échangé à voix haute. Ils ont été invités à poursuivre chez eux le montage de mailles et la réflexion dont le résultat pourrait être intégré lors de l’installation finale qui se fera en direct.

«Les gens pourront me voir en train d’accrocher l’œuvre, peut-être d’ajouter un graffiti. Je vais sûrement les inviter à participer d’une manière ou d’une autre, dépendamment de la grosseur du tricot. Les conversations vont continuer puisque je pourrais leur parler de ce travail et leur demander quel serait le fin mot de l’histoire pour eux», imagine la Tricoteuse du peuple qui réalise ce genre d’activité depuis trois ans.

Portrait
La Tricoteuse du peuple a vu le jour en 2012, lors du printemps érable. «Je faisais tricoter les gens pendant les manifestations étudiantes, raconte-t-elle. Je leur demandais, en particulier aux jeunes, ce qu’ils voyaient dans leur cœur pour l’avenir du Québec. Je suscitais des conversations avec des inconnus.»

Même si elle connaît les points de base, sa préoccupation porte sur la médiation culturelle plutôt que l’ouvrage et elle y voit en plus un intérêt personnel.

«Je suis encore assez réservée avec des inconnus, donc c’était une façon de me pousser à rencontrer des gens dans un lieu public et d’avoir des conversations signifiantes. Au travers de ça, c’est d’avoir un objet témoin qui reste et garde symboliquement les vibrations des conversations», soutient la Verdunoise.

Elle décrit le tricot-graffiti comme étant un tricot créé par des personnes de la communauté et portant un message singulier. Pour cette édition à Verdun, il a été inspiré par les couleurs et les motifs de la peinture de Chagall La création de l’Homme.

La Tricoteuse du peuple a choisi de parler de la création du monde, qui est un sujet sur lequel elle a travaillé il y a plusieurs années.

«Quand j’étais vidéaste, j’ai créé une vidéo qui s’appelle Mythofemmes à la fin des années 90 sur le thème d’Adam et Ève. J’avais fait beaucoup de recherches sur la question. Ensuite, j’avais écrit des nouvelles relatives à l’histoire de la pomme. Je me suis beaucoup intéressée à cette mythologie et j’ai laissé ça dormir pendant plusieurs années. Là, comme on avait le thème de la création artistique, ça m’a donné l’idée de me pencher sur la création de l’être humain», raconte-t-elle.

Les nombreux livres qui abordent le sujet et les différentes époques qui y sont rattachés en ont fait un bon sujet pour stimuler les esprits.

Le 29 septembre, l’installation du tricot-graffiti aura lieu entre 13h et 16h devant le Quai 5160.

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