Gracieuseté «Le message est que la recherche continue, si vous voulez l'essayer, essayer le plus tard», résume Sherezad Abadi Perez.

La consommation du cannabis n’est pas nouvelle et les approches de l’Institut Douglas n’ont pas changé depuis sa légalisation. Par contre, la chargée de projets de la Direction des programmes santé mentale et dépendance, Sherezad Abadi Perez, assure qu’il y a un meilleur échange d’informations. La nouvelle réalité permet de s’abstenir, de contrôler, ou encore de demander de l’aide.

«On ne peut pas dire si ça va être positif ou négatif, on va le voir au cours des prochains mois et années», avance la chargée de projets.

Certains groupes sont identifiés comme étant vulnérables. Il s’agit des adolescents, des femmes enceintes, des séniors, ou encore des personnes qui souffrent de maladies mentales. Les personnes atteintes de dépression, d’anxiété, de psychose ou encore de problèmes de personnalité ont déjà un cerveau fragile pour fonctionner à cause du circuit de récompense qui donne plus de dopamines. À cause de ces symptômes, elles vont être plus enclines à consommer pour se sentir mieux.

«On sait que près de 60% des personnes souffrant de santé mentale ont des problèmes liés aux substances, avertit Mme Abadi Perez. […] Certains l’utilisent pour s’auto médicamenter. Aussi, les personnes qui ont des problèmes liés aux substances sont plus à risque de développer des problèmes de santé mentale parce que le cannabis affecte le cerveau.»

Elle soutient que le cerveau continue de se développer jusqu’à 25 ans, donc il préférable d’attendre de passer l’âge avant de consommer.

«Cela amène une grande question pour nous de savoir « comment est-ce possible qu’il soit légal d’en consommer plus jeune? ». Dans le même temps, nous devons être conscients que l’accès était déjà présent avant et encore plus maintenant, donc c’est important de connaître les effets.»

À court terme, il y a des pertes de mémoire, des répercussions sur la conduite et l’humeur. À long terme, le cannabis est addictif.

Prévention
Depuis deux ans déjà, l’Institut Douglas a recours de plus en plus au dépistage des drogues auprès de leurs patients et les techniciens commencent à être formés pour que cela devienne une pratique systématique. Il collabore aussi davantage avec son partenaire communautaire, le Centre de réadaptation spécialisé avec la dépendance.

La fréquence doit être regardée. «Si elle augmente, peut-être que la personne a commencé à développer la tolérance. Elle a donc besoin de consommer plus que d’habitude pour avoir les mêmes effets qu’avant pour devenir high», explique la scientifique.

Les autres signes auxquels il faut prêter attention est si la personne a tendance à s’isoler plus qu’avant, si elle manque le travail ou elle est moins performante, ou encore si elle néglige sa propre santé.

L’objectif est de contrôler la consommation en protégeant les consommateurs de devenir dépendants ou de faire de la prévention pour éviter les rechutes, grâce à des facteurs positifs. Il faudrait un bon style de vie avec une bonne interaction sociale et un bon support, si ce n’est pas auprès de la famille, ce peut être auprès d’amis. Il faudrait aussi se maintenir actif physiquement et avoir des loisirs.

«La raison pour laquelle les gens deviennent dépendants, c’est parce qu’il y a les centres de récompense qui sont affectés. Il faut trouver des choses qui nous donnent du plaisir en dehors de la consommation de drogue. Peut-être regarder de nouvelles places qui nous donnent de la stimulation, par exemple aller au Marché Jean Talon, si je n’y suis jamais allé», rapporte Sherezad Abadi Perez.

Il faut aussi penser à encourager la personne à faire des choses où elle excelle, ce qui permet de développer l’estime de soi et possiblement de rencontrer du monde. La distraction est aussi une manière de ne pas tomber dans l’habitude.

Société
Si la consommation de cannabis n’est pas nouvelle, sa légalisation permettrait d’en parler plus librement et de diffuser de l’information que ce soit au CIUSS, à l’école, auprès de sa famille ou de ses proches.

La démarche permettrait entre autres d’encourager les gens à demander de l’aide. «Ce n’est pas mauvais de dire « Tu sais quoi, je consomme plus de substances que d’ordinaire et ça affecte mon sommeil, ma mémoire et la manière dont je me sens. Tu sais quoi, j’ai besoin de parler à quelqu’un, j’ai besoin d’aide », insiste la chargée de projets. Ça, c’est la grande différence, que la communauté en générale dit que c’est correct et identifie les signes qui sont toujours liés au comportement.»

Les recherches actuelles ne permettent pas de connaître précisément les effets du cannabis combinés aux médicaments ou aux personnes touchées par des problèmes de santé mentale. Elles sont aussi très contradictoires parce qu’on parle d’une diversité de régions du cerveau affectées, de chimiques, de neurotransmetteurs, donc les effets sont différents selon les personnes.

«C’est très complexe et en même temps qu’on parle du cannabis, on a des récepteurs sur l’ensemble de notre corps, donc ça devrait affecter le cerveau, mais aussi d’autres aires du corps. C’est pour ça qu’on voit des gens qui se sentent mieux et en même temps pire», explique Sherezad Abadi Perez.

Les recherches devraient toutefois être plus nombreuses maintenant que le cannabis est devenu légal.

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