IDS/Verdun Hebdo - Sophie Poisson L'une des participantes, Carole, a partagé avec l'assemblée les idées développées avec son groupe lors de la consultation publique de la Ville sur l'accessibilité universelle.

Une cinquantaine de participants se sont rendus à la mairie d’arrondissement pour connaître les grandes lignes du Plan d’action 2019-2020 en accessibilité universelle de la Ville. Ils ont ensuite pu apporter les points essentiels qui permettraient à l’ensemble de la société d’avoir une amélioration de leur qualité de vie, tant en termes de modifications que d’ajouts.

Des problèmes ont été soulevés le 8 novembre, comme le bouton pour ouvrir la porte des urgences à l’hôpital de Verdun qui ne donne pas assez de temps aux usagers de franchir le seuil avant qu’elle ne se referme. Les participants ont aussi rappelé que, si les commerces sont accessibles universellement, il serait important que leurs salles de bain le soient aussi.

Des inspirations ont été données, par exemple l’absence de dénivellation a été demandée entre trottoir et commerces, comme cela se ferait à Bordeaux, en France. L’utilisation d’une application pour souligner les problèmes d’accessibilité universelle a été évoquée, sur le modèle de celle qui permet de signaler des nids de poule.

Des demandes financières ont aussi été faites, notamment pour avoir des tarifs préférentiels à la Société de transports de Montréal pour les personnes handicapées qui ne bénéficient pas de l’ensemble des services. L’absence de rampe d’accès auprès de bus a été citée en exemple.

«Ce qui revient souvent, c’est que chaque arrondissement ait une personne dédiée aux dossiers d’accès universel, que l’on sache à qui s’adresser, parce qu’avec le 311, c’est souvent difficile d’avoir des suivis», a souligné Carole, porte-parole d’un des trois groupes de discussion formés lors de la soirée.

La question de l’obligation a aussi été posée. «Il y a un programme qui existe à Montréal pour subventionner les commerces qui voudraient devenir accessibles et en un an, il y a eu 11 demandes. On s’est demandé si on en était rendu à la stratégie du bâton et de la carotte, c’est-à-dire « oui on subventionne, mais vous êtes obligés de le faire »», a rapporté Carole.

Ville
De son côté, la représentante de la Ville, qui ne souhaite pas mentionner son nom, soutient que les enjeux nommés sont souvent les mêmes, comme l’accessibilité aux transports et aux infrastructures, ou encore la connaissance des ressources existantes. La richesse des rencontres se situerait alors dans les cas de figure présentés ainsi que les solutions apportées.

«Il y a des réalités très inégales sur le territoire, a-t-elle reconnu. Une fois que le Plan va être adopté, on travaillera à le faire connaître auprès des arrondissements et à les accompagner avec des soutiens financiers ou des conseils, selon où ils en sont rendus.»

La représentante affirme que même si la grande majorité des participants présents à Verdun étaient atteints de limitations fonctionnelles, la préoccupation de l’accessibilité universelle prend de l’ampleur dans la société.

«Quand les gens nous disent que le Plan aurait pu aller plus loin, c’est aussi un plan qui est de deux ans et on ne veut pas promettre des choses qu’on n’est pas capable de livrer», conclut-elle.

Municipal
Dans la salle, les élus verdunois gardent un regard critique. «On a l’obligation d’avoir un Plan en accessibilité universelle et il y a beaucoup d’arrondissements qui traînent de la patte. La Ville devrait jouer un rôle de leader en fournissant aux arrondissements un canevas avec des suggestions», soutient le conseiller du district Champlain-L’Île-des-Sœurs, Pierre L’Heureux.

Il juge insuffisante la subvention maximale pour bonifier un accès à un commerce qui s’élève à 15 000 $. Il aimerait notamment qu’un requérant du programme PR@M-Commerce, qui aide financièrement à la rénovation des bâtiments commerciaux, puisse automatiquement avoir une subvention rattachée à l’accessibilité universelle.

Le conseiller décrit le plan de la Ville comme étant «un peu conservateur», contrairement à celui de Verdun qu’il juge comme étant «bien plus en avance». L’arrondissement souhaiterait aller plus loin, mais il estime être présentement bloqué par la régie du bâtiment.

«On parle de modifier notre document de construction pour intégrer des éléments qui obligeraient les promoteurs à intégrer plus d’éléments d’accessibilité universelle, annonce M. L’Heureux. Entre autres, pour les Plans d’implantation et d’intégration architecturale, on pourrait l’imposer en incluant l’accessibilité universelle dans les critères d’évaluation de projets.»

Le maire d’arrondissement Jean-François Parenteau affirme que la sensibilisation menée à Verdun a permis depuis trois ans environ d’augmenter le nombre de commerces accessibles. Il soutient que les bâtiments résidentiels sont également dans leur ligne de mire et assure que l’investissement des entrepreneurs est payant.

Les modifications dans les règlements verdunois pourraient voir le jour en 2020-2021.

Échéancier
– Septembre: consultation des organismes
– Octobre et novembre: consultation citoyenne par sondage en ligne et rencontres d’échanges
– Décembre à mars: partage de la synthèse de la consultation publique, rédaction de la version finale du Plan d’action 2019-2020 en accessibilité universelle, dépôt au conseil municipal pour adoption et lancement

Pour plus d’infos.

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