À la suite d’un stage au Sénégal, la Verdunoise de 33 ans Dominique Guay a décidé de poursuivre sa collaboration avec la population rencontrée dans la ville de Bakel. Elle a ainsi créé l’organisme Les jardins de Bakel qui permet d’apporter notamment un soutien administratif et financier pour créer un potager collectif destiné aux femmes.

En novembre 2015, Dominique Guay est allée pour la première fois dans la ville africaine dans le cadre de son baccalauréat en animation et recherche culturelles à l’UQAM. Elle a alors réalisé un stage de 600 heures dans un campement écologique.

Elle a développé son projet tout en complétant un diplôme d’études professionnelles (DEP) en horticulture et jardinerie à l’École des métiers des Faubourgs-de-Montréal, en août 2017.

Elle a été sensibilisée au problème des femmes de Bakel à travers une connaissance qui vient d’une famille nantie. «Les femmes marchent jusqu’à chez elle, environ 45 minutes du centre-ville, pour se procurer des légumes qu’elles revendent au marché avant de faire leurs propres emplettes et préparer le repas des enfants. Je me suis alors dit qu’il y avait une étape en trop puisqu’elles savent cultiver, mais que le problème est l’accès au terrain», explique la Verdunoise.

Lors d’une première campagne de sociofinancement réalisée l’an dernier, elle avait amassé 1 300 $ qui lui ont servi à donner à deux groupes d’environ 30 femmes un statut légal sous le nom de Groupement d’intérêt économique, un peu comme une coopérative. Le Bamtaare Debbo est situé dans le quartier Grimpale et l’autre, Yakharou Sohoyé, se trouve dans le quartier Modincane.

Partagée entre deux visions
Mme Guay a également trouvé deux administratrices pour mettre sur pied l’organisme à but non lucratif (OBNL) au Québec, Les jardins de Bakel. Elle est toutefois partagée entre deux objectifs.

«Une partie de moi aimerait que l’OBNL puisse se dissoudre d’ici cinq à dix ans, lorsque les femmes seront autonomes, explique-t-elle. Mais je rêve aussi que, sur le terrain qui s’appelle UNESCO, on rouvre une école d’horticulture. Anciennement, l’UNESCO française l’exploitait, mais l’a abandonnée depuis 2012, faute de financement.»

Autonomie
Les femmes ont été choisies par Mme Guay, car beaucoup d’hommes se rendraient en Europe gagner des sous pour la famille, mais que les situations seraient parfois compliquées et qu’ils n’arrivent ni à revenir ni à envoyer de l’argent.

«J’ai parlé à des groupes qui faisaient déjà de l’agriculture. Certains payent toujours les dettes, dix ans plus tard, pour l’électricité qu’ils avaient utilisée pour la pompe. Je me suis dit que, si j’ai accès à ça chez nous, sans avoir personnellement des millions, j’avais aussi la possibilité de faire des campagnes de financement et de chercher des subventions», rapporte la femme de 33 ans.

Elle ajoute que son action se limite à l’aspect financier, car les Bakelois connaissent les produits et les besoins de leur région. Ils savent en plus cultiver en fonction des conditions climatiques, avec des températures qui peuvent afficher jusque 50 degrés Celsius l’été.

Dominique Guay espère récolter 4 000$ lors de sa seconde campagne de financement qui est en cours et qui se terminera à la fin du mois. Son objectif est la réfection de parcelles de culture ainsi que l’achat de pompes immersibles et de six panneaux solaires. Son prochain voyage à Bakel est prévu en février.

Culture sénégalaise
Les Jardins de Bakel a aussi pour mission de promouvoir la culture sénégalaise au Québec et d’ouvrir le discours interculturel. Des événements culturels sont ainsi organisés dans la métropole, comme un cours de danse sénégalaise.

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