Photo: Sylvain Ryan Le maire Claude Trudel a annoncé lundi matin sa démission comme maire de Verdun et son retrait de la vie politique

Les représentants de plusieurs médias sont venus assister à la rencontre de presse convoquée par le maire Claude Trudel, lundi matin, à Verdun. Celui qui siégeait, jusqu’à tout récemment, au sein du comité exécutif de la ville de Montréal, estime qu’il avait le «devoir moral» de tirer sa révérence à la suite des «trahisons» qu’il a vécues au cours des dernières semaines.

Il n’a pas caché que ses problèmes de santé avaient été à l’origine de la réflexion qu’il a entreprise au cours de l’année. «Cette décision marque l’aboutissement d’une réflexion entamée l’été dernier et que plusieurs événements récents sont venus alimenter, notamment le départ précipité de Gérald Tremblay et l’incroyable cirque qui s’en est suivi. Au cours des dernières semaines, rien n’aura été épargné à mon parti Union Montréal au nom du Renouveau, du Grand Nettoyage et de la nécessité de la Grande Coalition. Devant un tel spectacle, alors que les objectifs personnels de nombreux politiciens l’emportent sur le bien collectif, que les allégeances sont au service des ambitions et non des idées et que les promesses se transforment en trahisons, j’ai le devoir moral de tirer ma révérence», a déclaré Claude Trudel lors d’une conférence de presse et par voie de communiqué.

Invité à préciser sa pensée, il a affirmé avoir eu beaucoup de difficulté avec les départs survenus au cours des dernières semaines, ajoutant que certaines promesses formelles avaient été rompues. Celui qui demeure membre d’Union Montréal, même s’il ne siège plus comme élu, dit qu’il n’avait aucun désir de participer à une coalition au sein de laquelle son parti n’a pas trouvé son compte.

Sur un aspect plus fondamental, le maire Trudel reproche à Michael Applebaum d’avoir renversé le rapport de force au sein du comité exécutif en faisant passer de 60% à 36% la représentation des anciennes villes de banlieue. Il soutient que cette centralisation va à l’encontre de la philosophie préconisée par le maire Tremblay et l’équipe d’Union Montréal. «Je ne peux le suivre dans cette voie,» a-t-il affirmé.

Claude Trudel a rappelé que durant cette période, il avait aussi siégé à titre de président du conseil de la STM et qu’il avait été responsable, jusqu’à tout récemment, de la Sécurité publique à la ville de Montréal

La suite des choses

Dans une entrevue qu’il a accordée à l’auteur de ces lignes, M. Trudel a répondu aux interrogations sur l’impact de son départ dans l’administration de l’arrondissement. Il a d’abord précisé qu’il appartenait à la greffière, Louise Hébert, d’informer les élus de la procédure à suivre pour la désignation d’un maire par intérim de l’arrondissement de Verdun. Dans l’intervalle, c’est la mairesse suppléante, Ginette Marotte, qui assumera cette fonction.

On sait que parmi les six membres qui composeront le conseil d’arrondissement jusqu’en novembre 2013, le conseiller Paul Beaupré et les conseillères Andrée Champoux et Ann Guy font partie d’Union Montréal tandis que Ginette Marotte, Alain Tassé et André Savard ont quitté cette formation politique. C’est donc l’une de ces six personnes qui deviendra maire par intérim.

Abordant le dossier d’une deuxième école dans le quartier de L’Île-des-Soeurs, Claude Trudel a exprimé sa confiance à l’égard de ce projet. «Les membres du conseil étaient tous d’accord avec les décisions qui ont été prises et je ne crois pas que mon départ les incitera à les remettre en question.» Il reconnaît toutefois que le dossier reste complexe et il mise sur la collaboration de toutes les personnes concernées pour en assurer la réalisation dans les meilleurs délais.

La construction de la salle de spectacle dans l’actuel Studio B était l’un des projets les plus chers au maire Trudel et il estime qu’il est en bonne voie de réalisation. Toutefois, il reconnaît que les membres du conseil devront faire preuve de courage politique pour le mener à terme, dans le contexte actuel.

Lors de cet entretien, M. Trudel a tenu à préciser qu’il se sent en paix et serein à la suite de sa décision. Avant de prendre quelques semaines de repos, il devait effectuer une tournée d’entrevues dans les médias et aller saluer plusieurs personnes avec qui il a travaillé les onze dernières années au cours desquelles il a siégé au conseil municipal de Montréal.

C’est d’ailleurs un bilan positif dont le maire Trudel a dressé le portrait dans un document remis aux journalistes. Énumérant plusieurs dizaines de réalisations dans les différents secteurs relevant de l’arrondissement, il estime avoir mené à terme l’essentiel de ses engagements, tant à Montréal qu’à Verdun.

Le dernier épisode

Claude Trudel a été élu conseiller de ville aux élections de novembre 2001, au sein de l’équipe dirigée par l’ex-maire Georges Bossé. Il a succédé à M. Bossé lorsque celui-ci a décidé de ne pas se porter candidat à la mairie de l’arrondissement, en novembre 2005. M. Trudel a été réélu en novembre 2009 et il a donc occupé les fonctions de maire de l’arrondissement pendant les sept dernières années. Pendant toutes les années où il a siégé au conseil de la ville de Montréal, il a toujours fait partie du comité exécutif.

Il affirme désirer se consacrer à «autre chose», notamment à l’écriture, au mentorat et à promouvoir les valeurs démocratiques et d’éthique qui l’animent. «Le temps est venu de laisser à d’autres le soin de diriger, de la façon qu’ils jugent la meilleure et la plus efficace, la destinée de cette belle et grande métropole qu’est Montréal.»

L’annonce de M. Trudel clôt le dernier épisode d’une carrière politique amorcée en 1970, à titre de chef de cabinet adjoint du premier ministre Robert Bourassa. Il a occupé différentes fonctions au sein du gouvernement du Québec avant de s’orienter vers le volet municipal de la politique.

Les derniers mots de son allocution devant les médias s’adressaient à ses proches. Il a souhaité à son fils Éric de connaître le succès littéraire qu’il mérite avec la publication de son roman sur les Beatles, qui paraîtra le mois prochain. Il a aussi tenu à remercier sa conjointe Louise, présente dans la salle, qui l’a accompagné dans un monde qu’elle connaissait peu. «Tu as fait de ce voyage parfois difficile, quelques fois décevant, une aventure extraordinaire que j’ai pris grand plaisir à vivre parce que je l’ai vécue avec toi,» a conclu M. Trudel.

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