Il aura fallu plusieurs années avant qu’on saisisse vraiment l’importance de réunir tous les intervenants qui, de près ou de loin sont engagés dans la promotion économique de la rue Wellington, la principale artère commerciale de Verdun. Récemment, on a dressé un bilan sans complaisance de la situation et on a discuté d’avenir en fonction des réalités commerciales en constante évolution.

La rue Wellington est à la croisée des chemins; ne rien faire et c’est le cul-de-sac, agir sans se concerter et c’est risquer de passer à côté. On comprend donc l’intérêt d’un tel colloque d’orientation. Tour à tour, le maire Claude Trudel (avant sa démission), le président de la SDC-Wellington Philippe Sarrasin et le directeur du CLD-Verdun Marc Cloutier ont planté le décor en souhaitant la bienvenue aux participants. «On veut entendre vos idées et en débattre », a lancé amicalement Philippe Sarrazin. «Tout ce que je vous souhaite, c’est de rêver d’avenir pour la rue Wellington», a résumé pour sa part, Marc Cloutier dont l’aide à la tenue de ce colloque fut très précieuse.

Billy Walsh, directeur de la SDC Wellington, a fait un bref exposé de la situation de la rue Wellington abordant successivement, l’histoire et les données sociodémographiques du quartier environnant cette artère commerciale. Avec 250 places d’affaires et un chiffre d’affaires estimé à 133M $, malgré les places vacantes, la rue Wellington est un moteur du développement économique de Verdun.

Le colloque a permis de constater que l’implantation de nouveaux résidents au pouvoir d’achat plus important, le goût pour l’achat local, le vieillissement de la population et le spectre du coût plus élevé des déplacements en voiture sont autant de facteurs positifs pour la rue. Une vocation mixte commerciale et culturelle pour la rue Wellington est à considérer, qu’on pense à une Maison de la Culture, une salle de spectacle, de cinéma ou autre.

« Quel avenir pour les artères commerciales?»

Le conférencier principal, Paul Lewis vice-doyen à la recherche de l’Université de Montréal a brossé un tableau exhaustif de l’évolution des pratiques commerciales depuis l’époque où la rue Wellington était la rue principale de Verdun, troisième ville en importance au Québec et première banlieue de Montréal. Une profonde mutation s’est amorcée après la 2e Guerre mondiale avec la naissance des chaînes de magasins suivie de l’implantation des grandes surfaces et des centres commerciaux. Ce phénomène a pris de l’ampleur avec la croissance spectaculaire des banlieues dans les années 60 et 70. Le développement de grands pôles commerciaux a suscité une concurrence de plus en plus vive pour les artères commerciales comme la rue Wellington, dont le déclin s’est amorcé à la même époque. Plus près de nous, les mégas centres de plus récente génération comme le 10-30 offrent aux visiteurs une expérience globale de magasinage.

En contrepartie, la situation des 18 artères principales des quartiers centraux démontre que ces rues commerciales subissent une dévitalisation parce qu’elles sont mal adaptées à la réalité. D’une enquête à l’autre, on perçoit ces difficultés mais du même souffle on constate la proximité géographique des clientèles. En fait, la clientèle locale qui vit dans un périmètre accessible à pied, est le bassin primaire de l’artère commerciale et la densification de ce bassin constitue un atout majeur.

Vote électronique

Renée Dubé, associée chez Zins Beauchesne animait le colloque et a conduit un intéressant sondage électronique instantané auprès des personnes présentes dans la salle. Le recrutement commercial, la propreté et le sentiment de sécurité pour les visiteurs, tout comme la tenue d’événements culturels significatifs pour attirer le public , sont revenus souvent dans les choix des participants. Auparavant, l’animatrice avait divulgué les résultats d’une enquête du CLD auprès des résidents de l’arrondissement qui ne fréquentent pas la rue Wellington. Au risque d’en étonner quelques-uns, les fuites commerciales par des résidents de Verdun sont considérables, et fait plus étonnant, plusieurs de ces résidents ne connaissent même pas la rue Wellington.

Actions à mettre en oeuvre

Pour Philippe Sarrazin, président de la SDC-Wellington, il est renversant d’apprendre que 43% des gens qui habitent depuis 10 ans ou moins dans Verdun, ne connaissent pas la Promenade.

«Il faudra se mettre à l’ouvrage sur trois axes prioritaires de développement, soit l’offre commerciale. la normalisation de la loi sur les bars et le développement de corridors pour pistes cyclables» affirme le président de la SDC-Wellington. L’offre commerciale est actuellement déficiente, il faut se faire connaître, attirer de nouvelles bannières et remplir les locaux vacants. Un second axe se rapporte aux difficultés d’implantation dans Verdun de bars et de brasseries comme la Brasserie Benelux; le dossier du Benelux a démontré une fois de plus qu’il faut au plus vite normaliser l’application de la Loi sur les bars et les permis d’alcool afin d’être au diapason de toutes les villes et communautés partout au Québec. Â quand un 5 à 7 à Verdun ?

Troisième revendication que les participants au colloque ont applaudi, c’est l’aménagement de corridors incitatifs pour amener les milliers de cyclistes qui empruntent les différentes pistes cyclables dont celle du bord de l’eau et du Canal de l’Aqueduc à visiter la rue Wellington pour y faire des emplettes.

À l’heure du lunch et en début d’après-midi, d’autres intervenants ont permis d’enrichir la discussion et d’informer le public des actions en cours ou à venir. Julien Caffin, chargé de projet à la Concertation en développement social de Verdun a parlé du programme «Quartier 21», dont l’objectif est d’améliorer la qualité des milieux de vie résidentiels, de mieux comprendre les déplacements des gens dans leur quartier et par conséquent de développer un environnement urbain favorable à la santé. L’ingénieur Jean Cardin directeur du développement du territoire, des études techniques et des services aux entreprises à l’arrondissement a abordé pour sa part, le projet de réaménagement de la station de métro de l’Église, qui devrait améliorer le coup d’œil, réduire l’impression de délabrement et le flânage dans les environs.

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