(PHOTO: Sylvain Ryan) Les logements destinés aux familles sont rares dans Verdun avec un taux d'inoccupation de seulement 0,2% pour les appartements de trois chambres à coucher et plus.

Le plus récent Rapport sur le marché locatif publié par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) indique qu’à l’instar de plusieurs autres régions du Québec, le nombre de logements disponibles a diminué dans les arrondissements de Verdun et du Sud-Ouest.

Les logements pour les familles sont particulièrement rares avec un taux d’inoccupation de seulement 0,2% pour les appartements de trois chambres à coucher et plus. À titre de comparaison, il est de 2,1% pour les unités d’une chambre.

Le taux global d’inoccupation pour tous les logements dans Verdun est passé de 3% en octobre 2010 à 1,9% cet automne.

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) s’inquiète de la situation, soulignant que pour l’ensemble de Montréal, le taux d’inoccupation a baissé de 2,7% à 2,5% durant cette période. Et la SCHL prévoit qu’il continuera de diminuer l’an prochain. On estime que le point d’équilibre entre l’offre et la demande se situe à 3%.

Mises en chantier en baisse

Selon le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, la pénurie de logements locatifs qui affecte, à des degrés divers, le Québec depuis 2000 n’est pas près de se terminer.

«Au cours des trois premiers trimestres de 2011, à peine 5767 logements locatifs ont été mis en chantier à l’échelle du Québec. C’est 10% de moins qu’à pareille date l’an dernier», souligne-t-il.

«Si la tendance se maintient, analyse M. Saillant, le nombre de logements locatifs mis en chantier sera le plus bas des dix dernières années. Pendant, ce temps, il se construit deux fois plus d’unités de condominiums.».

À Verdun, des organismes tels le Comité d’action des citoyennes et citoyens de Verdun (CACV) dénoncent avec vigueur les dérogations pour conversion en condos de logements locatifs, rappelant le moratoire toujours en vigueur dans d’autres arrondissements de Montréal.

En réponse aux critiques, Verdun a resserré ses critères de conversion en limitant l’autorisation aux maisons abandonnés ou aux logements inoccupés depuis une longue période.

Sur l’île de Montréal, 348 logements locatifs ont été mis en chantier au cours des dix premiers mois de 2011 comparativement à 5625 copropriétés. Lors d’une entrevue avec le président du groupe Samcon, Sam Scania, qui se spécialise dans la construction de logements en copropriété, celui-ci a expliqué sans détour «que la construction de logements locatifs n’était pas rentable dans le contexte actuel», d’où la préférence pour des condos urbains qui se vendent bien.

C’est dans ce contexte que le FRAPRU espère que le gouvernement québécois annoncera, dès son prochain budget, une augmentation du nombre de logements sociaux qui a chuté à 2000 en 2011-2012. L’organisme revendique le financement de 50 000 nouveaux logements sociaux au cours des cinq prochaines années. Selon le FRAPRU, on ne semble pas pouvoir compter sur un retour du gouvernement fédéral via la SCHL dans ce type d’investissement public, pourtant indispensable aux familles les plus démunies. (P.L. A.D.)

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