Hugo Lorini/TC Media Le robot d'entraînement à la marche permet aux patients d'activer des muscles très peu sollicités. Grâce aux sangles, le thérapeute peut varier la charge supportée par les jambes.

Grâce au premier robot d’entraînement à la marche au Canada, un centre de réadaptation physique de Verdun permet à des dizaines de personnes handicapées partout à travers la province de retrouver une meilleure qualité de vie. Incursion dans un centre d’activités physiques hors du commun.

Il y a quatre ans, Amélie a été impliquée dans un accident qui l’a rendue paraplégique. Déterminée à retrouver une vie normale, elle travaille très fort afin de regagner un maximum d’autonomie. Depuis trois semaines, grâce au centre de neuroréadaptation Neuro-Concept, Amélie est chaque jour plus près du but.

«La semaine dernière, j’ai réalisé que je pouvais bouger ma cheville dans deux directions différentes pour la première fois depuis mon accident. Je n’ai pas pu m’empêcher de verser des larmes. J’ai tellement hâte de venir ici le matin pour voir quels nouveaux résultats je vais obtenir,» dit-elle.

Concept unique au Québec
Neuro-Concept est à prime abord comme tous les autres centres de réadaptation physique. Des poids et haltères sont installés sur des supports. Un sac de boxe est suspendu au milieu de la pièce, et le tapis roulant côtoie le vélo stationnaire.

La différence: toutes ces machines, dont la plupart sont les seules existantes sur le territoire québécois, sont adaptées afin que les personnes à mobilité réduite puissent s’y installer avec leur fauteuil roulant.

L’objectif derrière Neuro-Concept est en effet de permettre aux adultes et aux enfants avec des troubles neurologiques, tels que la paraplégie, la sclérose en plaque ou le parkinson de retrouver le plus d’autonomie possible, et ce, même si la plupart d’entre eux ne remarcheront probablement jamais par eux-mêmes.

Au fond de la pièce trône un robot intelligent d’entraînement à la marche, le premier du genre au Canada et seulement le troisième en Amérique du Nord. Amélie s’y active, tenue en position debout par un harnais. Concentrée, elle s’acharne à activer les pédales qui lui permettent de simuler la marche.

Sa thérapeute, Cindy Gauthier, l’encourage avec enthousiasme. «Nous ne sommes pas là pour vendre du rêve aux gens. Nous les aidons à fixer des objectifs réalistes. Alors qu’Amélie sera en mesure de marcher avec des orthèses longues et une marchette, certains voient le fait d’ouvrir les doigts comme un miracle.»

Après quelques minutes d’efforts, Amélie s’arrête, en sueur, avec un grand sourire aux lèvres. «J’ai travaillé énormément pour retrouver de la mobilité dans les quatre dernières années, avec peu de résultats. Mais en trois semaines, depuis que je viens ici, l’amélioration est fulgurante. Ça me motive énormément.»

Depuis qu’elle travaille sur le robot, la jeune femme a retrouvé beaucoup d’équilibre au niveau du tronc. Les enflures et les douleurs, qui la tenaient éveillée la nuit, ont presque disparu. Les tâches quotidiennes sont facilitées. Elle arrive maintenant à bouger ses pieds volontairement dans plusieurs directions.

Réduire les effets secondaires
«L’homme est fait pour marcher, explique Murielle Grangeon, docteure en kinésiologie et propriétaire de Neuro-Concept. À partir du moment où on le met debout, ça nous permet de réduire un tas d’effets secondaires de la pathologie qui lui pourrit la vie.»

Le robot permet donc de réduire les spasmes involontaires des muscles et les douleurs neuropathiques, en plus d’améliorer la condition cardiovasculaire, l’équilibre postural et l’humeur.

«Ça aide également à la digestion. Par exemple, nous avons une jeune patiente qui est atteinte d’un cas très grave de sclérose en plaque. Elle est nourrie par gavage. On espère que la remise à la marche va lui permettre de s’alimenter correctement», ajoute Mme Grangeon.

Les deux thérapeutes derrière le projet n’ont pas lésiné afin d’être en mesure de venir en aide aux plus de patients possibles. Elles ont effectué de nombreuses études sur les différentes machines utilisées, et ont voyagé à travers le monde pour constater les résultats avant d’investir.

Ces efforts leur permettent maintenant de transcender les limites. «On est les premiers à avoir mis un patient avec une lésion cervicale complète sur le robot. Même le fournisseur ne l’avait pas fait. »

En plus du robot d’entraînement à la marche, le centre possède plusieurs machines de crossfit adapté, un robot pour la dextérité manuelle, et une console Kinect qui combine jeux et réadaptation. Une formule gagnante avec les enfants.

Le centre Neuro-Concept a nécessité un investissement d’un demi-million de dollars. Déjà récipiendaire de plusieurs bourses, l’entreprise est présentement finaliste au Concours québécois en entreprenariat. Les résultats seront dévoilés le 18 juin.

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