Anne-Frédérique Hébert-Dolbec/TC Media Philippe Carrier, résident de Verdun, est directeur de la recherche chez Dyze Design.

Le Verdunois Philippe Carrier rêve de révolutionner les standards de l’industrie 3D avec sa toute nouvelle entreprise Dyze Design, un investissement de 80 000$. Avec ses trois amis, il se concentre sur la fabrication de buses (élément chauffant) et d’extrudeurs (moteur propulseur), deux pièces qui, si elles ne sont pas parfaitement conçues, peuvent faire d’une imprimante un véritable désastre.

C’est lors d’un voyage en voiture entre Québec et Montréal avec un parfait inconnu que l’ingénieur en mécanique s’est intéressé pour la première fois au potentiel de l’imprimante 3D. Un hasard qui allait s’avérer catalyseur, puisque quelques mois plus tard, le jeune diplômé de l’ÉTS allait se lancer dans l’aventure la plus importante de sa vie.

Le local de Dyze Design, situé au cœur d’Hochelaga-Maisonneuve, est un véritable repère de geeks. À l’entrée s’étend un canapé, où se disputent, lorsque le temps le permet, quelques parties de Super Smash Bros.

Un peu plus loin, Philippe, son frère Jean-Sébastien et ses collègues, Maxence Gélinas-Guy et Patrick Marcotrigiano, sont installés devant leur ordinateur, affairés à la programmation ou à la recherche des dernières perles dans le domaine.

Derrière eux, trois imprimantes qu’ils ont eux-mêmes conçues, bourdonnent. Dans la première se forme tranquillement un support vert en plastique qui servira à l’emballage. L’imprimante conçoit également régulièrement des vases, des lunettes ou des éléments de décoration. Les possibilités sont infinies.

Dyze Design

«Au début, mon objectif était de construire mes propres batteries, se rappelle Philippe. Un covoitureur m’a conseillé de me procurer une imprimante 3D pour faire certaines pièces. Mais quand j’ai commencé à l’utiliser, j’ai remarqué qu’elle ne fonctionnait pas correctement, qu’elle bloquait souvent.»

Après quelques discussions avec ses collègues à l’université, il réalise que le problème est lié à deux pièces, petites, mais essentielles: l’extrudeur, un moteur qui pousse la matière dans l’imprimante, et la buse, l’élément chauffant qui la fait fondre.

«Les gens qui font des imprimantes 3D essaient souvent de tout faire en même temps. Pourtant, la majorité d’entre elles ne sont pas fonctionnelles sur une longue période de temps. On a réalisé qu’il y avait un marché pour se spécialiser uniquement dans ces deux pièces», ajoute-t-il.

Innovation
Après une longue période de réflexion, les quatre ingénieurs et programmeurs ont décidé de laisser leur emploi respectif et de se consacrer à temps plein à leur entreprise.

«En ce moment, le marché est très rapide, beaucoup de gens y investissent des sommes importantes, soutient Philippe. On s’est rendu compte que, si on continuait à faire ça à temps partiel, on ne serait jamais assez rapide pour évoluer en même temps que les autres.»

Une décision qui s’est avérée payante, puisque maintenant, les produits de Dyze Design sont compétitifs, et offre une qualité supérieure comparativement à ce qui se trouve sur le marché.

«Notre buse est fiable et peut travailler avec tous les plastiques existants, explique Maxence. Les compétiteurs sont limités à 350 degrés en température, alors qu’on parvient à monter jusqu’à 500 degrés, ce qui nous permet une meilleure efficacité sur une plus longue période de temps.»

Dans le but de s’assurer de la qualité de leur produit mis en marché en octobre, ils ont comparé ses performances aux pièces de leurs 25 compétiteurs.

En à peine un mois, l’entreprise compte déjà plusieurs adeptes, dont Lunetterie générale, Morgan Schaffer et Multi Solutions.

Dyze Design a récemment remporté le concours «L’accélérateur» de l’émission Alexandre et les conquérants diffusée sur les ondes de Ici Explora, d’une valeur de 40 000$. Le 6 novembre, les quatre amis ont également reçu une bourse de 16 000$ de la Fondation Montréal inc.

À long terme, Dyze Design espère devenir un incontournable pour les compagnies qui construisent déjà des imprimantes 3D de qualité. «On veut qu’elles choisissent d’installer nos buses dans leurs produits», précise Philippe.

Avec plus de 2000 entreprises spécialisées dans l’imprimante 3D, et cinq nouvelles startups chaque mois sur la plateforme d’autofinancement Kickstarter, les jeunes entrepreneurs n’ont pas peur de voir grand, et souhaitent conquérir rien de moins que le monde.

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