La commission scolaire anglophone Lester B. Pearson (CSLBP) se questionne sur son avenir. Alors que les inscriptions dans ses écoles sont en déclin et qu’elle doit composer avec des compressions budgétaires de 3,7 M$, CSLBP a tenu trois consultations publiques à Montréal, la semaine dernière, afin de trouver des solutions.

À Verdun, le 17 novembre, une dizaine de groupes représentant les écoles et la communauté ont proposé leurs idées. Cette première audition publique, qui se tenait à l’école Verdun Elementary, était le point de départ d’un large projet d’études de 18 mois qui vise à trouver des moyens de réduire les dépenses de la commission scolaire, ce qui pourrait mettre certains établissements sur la corde raide.

«Nous allons explorer toutes les voies possibles, indique la commissaire de Verdun et LaSalle Est, Mary Ann Davis. La fusion et la fermeture d’écoles ne sont pas exclues, bien que nous tentions à tout prix de trouver de meilleures solutions.»

À Verdun, les trois écoles anglophones, dont Riverview Elementary et Beurling Academy, sont à moitié vides. La situation est particulièrement criante à Verdun Elementary, qui n’est qu’à seulement 27% de sa capacité.

Le contexte socio-économique difficile des familles de l’arrondissement, tout comme leur statut anglophone, sont des facteurs pris en compte pour permettre un nombre réduit d’élèves par classes.

À cet égard, une analyse territoriale réalisée en 2014 par l’organisme Centraide démontrait que 32% des résidents du quartier Wellington-De-L’Église ont de faibles revenus, la moitié des familles sont monoparentales et le taux de décrochage scolaire est de 40%.

Ouverture aux francophones
Afin de pallier le manque d’inscription et de rentabiliser les nombreux locaux vides, le conseil de direction de l’école Riverview Elementary a notamment proposé d’ouvrir ses portes aux écoles francophones de Verdun, dont certaines sont au maximum de leur capacité.

«Nous sommes intéressés à explorer la possibilité de louer de l’espace à une école locale qui propose un programme d’apprentissage de l’anglais intensif, indique la directrice Debi Dixon. C’est le cas de l’École Notre-Dame-de-la-Garde, qui déborde. C’est un moyen de rassembler les communautés anglophones et francophones et d’exposer davantage les élèves à leur second langage.»

Verdun Elementary propose également à la commission scolaire de donner plus de pouvoir aux écoles pour la location de leurs locaux.

Dans leur mémoire, on peut lire que «la taille et la location de l’édifice se portent à des fusions potentielles avec d’autres écoles du secteur. La section nord de l’établissement pourrait demeurer Verdun Elementary, tandis que le côté sud pourrait devenir la maison du programme d’immersion anglaise d’une autre institution, ou un programme satellite d’une école francophone ou d’une école pour adultes.»

Verdun Elementary préférerait cette option à la fusion avec une autre école anglophone, puisqu’elle pourrait alors perdre son statut de classe 10. Cette plus haute cote pour les écoles avec un niveau élevé d’étudiants qui vivent dans des situations de pauvreté, de stress et de traumatisme chroniques, signifie des budgets et des programmes adaptés supplémentaires.

Bien qu’aucune solution claire n’ait encore été mise de l’avant par la CSLBP, le constat de la consultation publique est clair. Les écoles anglophones doivent avoir une voix dans la communauté au même titre que les établissements francophones, et l’importance des élèves et du personnel doit être reconnue et valorisée.

Aussi dans Actualités :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!