Christine Emond/TC Média Lorie Martin et Harriett Coveyduck dans la chambre de cette dernière à l'hôpital de Verdun

Alors que la loi québécoise sur la santé donne le droit aux personnes anglophones de recevoir des soins dans leur langue maternelle,  l’Hôpital de Verdun enquête actuellement sur le cas d’une femme de 73 ans qui affirme s’être vue refuser le droit d’être servie en anglais alors qu’elle demandait à se faire expliquer sa médication.

Souffrant d’emphysème, Harriel Coveyduck, une femme unilingue anglaise, n’en est pas à son premier séjour dans cet hôpital. Selon le témoignage de sa fille à TC Media, lors de son arrivée au centre hospitalier le 13 mars, sa mère aurait été en pleurs dans son lit.

La vieille dame avance qu’une infirmière aurait «crié après elle alors qu’elle avait demandé de simples explications en anglais, pour mieux comprendre sa condition médicale».

«Ma mère n’a pas beaucoup d’éducation, elle n’a pas pu apprendre le français et elle a le droit de recevoir des soins dans sa langue. Ce n’est pas normal que les employés de l’hôpital ne parlent pas anglais», déplore Lorie Martin, la fille de la septuagénaire.

«Hôpital francophone»

Quand Lorie Martin est allée faire mention de la situation au comptoir, on lui aurait souri en répondant qu’elle se trouvait dans un hôpital francophone et qu’il est «normal que les employés ne parlent pas anglais».

Pourtant, selon la loi sur les services de santé et les services sociaux, «toute personne d’expression anglaise a le droit de recevoir, en langue anglaise, des services de santé et des services sociaux, compte tenu de l’organisation et des ressources humaines, matérielles et financières des établissements qui dispensent ces services».

L’Hôpital s’excuse

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux Centre-Sud (CIUSSS) a affirmé par voie de communiqué regretter «les difficultés vécues par cette patiente, lesquelles ne reflètent ni nos orientations, ni notre engagement à l’égard de la clientèle».

En outre, le CIUSSS explique qu’il procède actuellement «à la mise à jour de notre programme d’accès en indiquant les services offerts en langue anglaise dans toutes nos installations. De la formation sera offerte à notre personnel en ce sens.»

Dans les jours suivant l’incident, le CIUSSS avait expliqué que «les employés de l’Hôpital de Verdun offrent des services en français tout en respectant le droit à toute personne allophone ou d’expression anglaise de recevoir des services dans sa langue, conformément à la Loi sur la santé et les services sociaux».

«Je prends la défense de ma mère, qui est trop gentille. Ça me fait énormément de peine qu’elle ait été laissée à elle-même», déplore Lorie Martin en ajoutant qu’elle souhaite que ce genre de situation n’arrive à personne d’autre.

Au moment d’écrire ces lignes, Harriel Coveyduck était en quarantaine au troisième étage de l’hôpital, et elle doit porter un masque d’oxygène. Sa fille entend déposer une plainte officielle au sujet de ce qu’a vécu sa mère.

Versions contraires

Appelé à commenter le dossier, Claude Deschênes, président syndical de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, direction Sud-Ouest Verdun, s’est dit «très étonné de tout ça» et que la version de la patiente différerait de la sienne.

«Le niveau d’anglais n’était probablement juste pas aussi élevé que les clients l’auraient voulu», avance-t-il en ajoutant que les membres [du personnel] ont habituellement une grande volonté d’aider les patients.

Questionné par rapport aux exigences de la loi sur les services de santé et les services sociaux Claude Deschênes exprime que l’employeur ne peut pas exiger que ses employés parlent anglais.

«Il est parfois difficile pour les employés de parler en anglais, mais on ne refuse pas de répondre. Le personnel fait de son mieux», ajoute-t-il en précisant qu’il y a beaucoup d’entraide dans des cas comme ça et que personne n’est laissé sans soins.

Comme le dossier fait l’objet d’une enquête interne, les dirigeants de l’hôpital n’y ont été d’aucun autre commentaire sur le dossier.

Hôpital de Verdun

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