TCMedia/Archives Chez les adultes, la proportion d'individus ayant participé à des jeux d'hasard et d'argent au cours des douze derniers mois se situait à 57% en 2014.

Outre le centre-ville, c’est dans les quartiers de l’est de Montréal que le risque de devenir dépendant aux jeux de hasard et d’argent est le plus élevé, selon une cartographie publiée par la Direction de la Santé publique (DSP).

C’est le résultat d’un long travail que vient de publier la Direction de la santé publique. Elle a établi une carte de l’île de Montréal qui montre l’indice de vulnérabilité aux problèmes de jeux chez les adultes. «L’objectif de notre démarche est notamment de faciliter le travail des organismes qui font de la prévention sur les dangers du jeu, en priorisant les endroits où il faut agir», explique Jean-François Biron, participant à l’étude de la DSP.

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On remarque au premier coup d’œil que l’est de Montréal est plus ciblée que l’ouest. C’est le cas notamment de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Montréal-Nord, Montréal Est et Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Ce qui signifierait que cette partie-là de l’île est plus à risque car elle recense plus de personnes vulnérables à la dépendance aux jeux.

Pour arriver à cette carte, les chercheurs de la DSP ont compilé les informations qu’ils avaient à leur disposition grâce au recensement et celles que Statistique Canada publie. Ils se sont principalement intéressés à la concentration de personne sans diplôme, à celle des personnes vivant sous le seuil de faible revenu, celle des personnes vivant seule, celle des hommes âgés de 18 à 44 ans et celle des personnes sans-emploi.

Des publics vulnérables pris en compte
La DSP est allée plus loin que ce qui se fait habituellement en ajoutant aussi la concentration de personnes fréquentant les refuges de sans-abri, et celle qui suivent une thérapie dans un centre de réadaptation, «car les rechutes sont très fréquentes chez cette catégorie de personnes», précise Jean-François Biron. Toutes ces catégories de personnes sont reconnues par la communauté scientifique comme étant des facteurs poussant à l’addiction aux jeux de hasard et d’argent.

Cette publication est une première étape pour la Direction de la santé publique. À la fin de l’année, elle devrait publier une nouvelle carte à laquelle elle va ajouter la distribution de l’offre de jeux sur les données déjà compilées. L’idée est de voir où le lien entre accessibilité aux jeux et vulnérabilité est significatif. Autrement dit, est-ce que les zones où il y a une forte concentration d’appareils d’amusement correspondent aux zones où il existe un public plus vulnérable à la dépendance ?

Un lien probable
Pour les organismes qui viennent en aide aux personnes dépendantes aux jeux de hasard et d’argent ou à leur famille, le lien entre la présence de sources de jeux et la vulnérabilité du public est déjà établi. Hélène Hamel, conseillère au centre téléphonique Jeu: aide et référence explique que c’est un constat qui revient souvent. «Les gens qui ont une addiction nous disent parfois que oui c’est difficile, quand on est vulnérable ou même déjà dépendant aux jeux, de venir à bout de l’envie de jouer quand vous êtes entourés de commerces où il y a des appareils de loterie vidéo. Mais malheureusement, nous, nous ne sommes pas en mesure de régir ces aires de jeux.»

C’est en effet Loto Québec et les instances gouvernementales qui ont le pouvoir d’agir sur cette situation. Du côté de Loto Québec, on assure que les «critères socioéconomiques pour l’octroi des licences d’appareils de loterie vidéo tiennent compte de la notion de proximité et de concentration». La société va en tout cas prendre en compte les conclusions de l’étude de la Direction de la santé publique mais n’a pas précisé si elle allait diminuer le nombre d’appareils de loterie vidéo dans les zones à risque ciblées. Après tout, le lien n’a pas été formellement établi entre ces deux facteurs, en tout cas pas encore. Reste donc à voir quelles seront les conclusions de la prochaine étude de la Direction de la santé publique sur le sujet.

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