Plusieurs citoyens de Rosemont – La Petite-Patrie rêvent de rendre une technologie de chauffage durable du point de vue environnemental abordable à tous.

L’entreprise d’économie sociale Solon a été créée par un groupe de voisins de la ruelle verte située entre les rues de Bordeaux et Chabot, au niveau de Bellechasse, dans l’arrondissement. Son projet dénommé Celsius a pour objectif de créer un réseau de chaleur fonctionnant grâce à la géothermie.

«C’est certain que sans l’histoire des ruelles vertes il n’y aurait pas eu de Solon ni de Celsius. Cela nous a permis de créer un tissu social et d’échanger entre voisins», affirme Bertrand Fouss, président et co-fondateur de Solon.

Ce dernier, qui a présenté cette initiative en conférence lors de la Rencontre internationale des municipalités efficaces le 21 mars dernier, caresse l’idée de baisser les coûts liés à l’installation d’un système de chauffage basé sur la géothermie en créant un système collectif installé dans le sous-sol d’une ruelle verte.

Le concept a réussi à ravir l’arrondissement l’année dernière, qui a octroyé 10 000$ à l’entreprise pour lancer une étude de faisabilité du projet.

M. Fouss a bon espoir que Celsius pourrait creuser sa première pelletée de terre d’ici la fin de 2018 ou au début de 2019.

«Nous cherchons le lieu idéal dans l’arrondissement, qui ne sera probablement pas notre ruelle verte finalement. Nous avons sélectionné certains critères, incluant la présence d’utilisation de mazout ou de gaz naturel comme moyen de chauffage, ainsi que la volonté citoyenne sur le terrain pour ce genre de projet», explique le cofondateur de l’entreprise.

La géothermie est une technologie qui permet d’exploiter les phénomènes thermiques du globe terrestre. Dans le cadre de Celsius, des puits verticaux pourraient être creusés à une profondeur variant entre 150 et 200 mètres et transféreraient l’énergie des sols vers un réseau qui chaufferait de l’eau ensuite redistribuée dans les logements.

Faire disparaître le mazout et le gaz naturel

Plusieurs domiciles montréalais comptent encore sur le mazout et le gaz naturel comme source de chauffage, une situation que M. Fouss veut renverser.

En effet, si entre 1990 et 2013 le mazout a perdu du terrain à Montréal en production d’énergie, passant de plus de 17000 à un peu moins de 5000 térajoules (TJ) consommés, le gaz naturel conserve quant à lui sa place dans les chaumières de la métropole, passant d’un peu plus de 16 500 à 16 000 TJ consommés pour la même période sur le territoire.

C’est ce que relève l’Inventaire des émissions de gaz à effet de serre 2013. Il est aussi indiqué dans ce rapport de la Ville de Montréal que le gaz naturel est désormais de plus en plus responsable des émissions des gaz à effet de serre (GES) dans le secteur résidentiel montréalais, passant de 34 % à 60 % de la production des GES entre 1990 et 2013. Le nombre de kilotonnes de GES lié au gaz naturel a pourtant diminué de 3 %, passant de 787 à 763.

Le mazout a pour sa part reculé de 52 % à 27 % en production de GES lors de ces 23 années, faisant passer le nombre de kilotonnes équivalentes au CO2 de 1 228 à 345 entre les années 1990 et 2013, une baisse de 25 %.

L’avantage de l’utilisation de la géothermie selon M. Fouss ne réside pas seulement dans son empreinte carbone quasi nulle, mais aussi dans le fait que cette technologie permet d’utiliser moins d’électricité pour le chauffage. «De plus elle a une durée de vie importante, avec 50 ans pour les tuyaux sous terrain et près de 25 ans pour les thermopompes», affirme-t-il.

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