Emmanuel Delacour/TC Media

Afin de préserver le nombre d’unités d’habitation et locative, les élus de Rosemont – La Petite-Patrie ont décidé d’adopter une politique pour mieux encadrer les plateformes comme Airbnb.

Un avis de motion a été déposé lors du conseil d’arrondissement du 8 mai énonçant l’intention de l’administration de modifier le Règlement d’urbanisme «afin d’autoriser et d’encadrer la location de courte durée (moins de 31 jours).»

«Nous voulons appliquer ce que je qualifie de «test de la brosse à dents», a souligné Guillaume Lavoie, conseiller d’arrondissement. Simplement dit, si la personne qui loue son logement y réside, nous aurons un préjugé favorable à son endroit. Toutefois, s’il s’agit d’une location faite par quelqu’un qui n’y réside pas, nous aurons un préjugé défavorable, qui pourrait être suivi de visite de la part d’inspecteurs et d’amendes. »

L’idée est donc de décourager les individus qui louent un ou plusieurs logements sans y résider afin d’en faire un espace disponible sur les plateformes locatives durant toute l’année, au détriment des personnes se cherchant un logement, selon les élus.

M. Lavoie, qui depuis longtemps s’intéresse aux enjeux d’économie collaborative, a affirmé lors du conseil d’arrondissement que les sites comme Airbnb ont leurs points positifs et négatifs.

«Ces plateformes peuvent créer des retombées économiques pour les quartiers de Montréal, mais elles peuvent aussi s’accompagner de nuisance. Il y a deux écoles de pensée, l’interdiction totale et le laisser-faire. Nous croyons plutôt qu’il est nécessaire de bien les encadrer», a insisté le conseiller.

L’annonce de cette décision a bien été reçue par le Comité logement de Rosemont. «C’est un pas dans la bonne direction», juge Sébastien Laliberté, coordonnateur du comité.

Cependant, celui-ci milite quand même pour une interdiction totale des plateformes comme Airbnb. «Leur encadrement risque de comporter des failles. Est-ce qu’il y aura assez d’inspecteurs? Comment surveiller les locateurs qui passeront d’une plateforme à une autre pour ne pas se faire attraper?», s’interroge M. Laliberté.

Si l’appauvrissement du parc locatif est plus avancée dans l’arrondissement du Plateau – Mont-Royal et dans le quartier de La Petite-Patrie, le coordonnateur constate que le phénomène s’installe aussi dans le Vieux-Rosemont.

«Le secteur délimité par la 1re Avenue, Saint-Michel, Dandurand et Saint-Joseph commence à avoir beaucoup d’annonces sur les plateformes locatives», dit-il.

Par ailleurs, le député de Mercier, Amir Khadir a demandé en début de semaine le resserrement de la réglementation sur l’hébergement touristique temporaire. Ce dernier a déposé le 26 avril dernier le projet de loi 798, qui permettrait, entre autres, aux occupants d’offrir en location leur propre logement pour un maximum de 60 jours par année.

Protéger contre les évictions non justifiées
Les élus envisagent la mise en place de nouvelles mesures afin de limiter les évictions abusives.

« Nous constatons actuellement une forte hausse de la conversion de logements locatifs en copropriétés indivises dans l’arrondissement, a expliqué le maire de l’arrondissement, François W. Croteau. Notre objectif est de freiner le recours à une pratique actuellement employée par certains propriétaires, qui consiste à effectuer une demande de permis afin de justifier la reprise d’un logement, sans jamais réaliser les travaux prévus. Les logements ainsi laissés vacants sont par la suite convertis, puis vendus, au détriment du parc locatif et des personnes évincées. »

L’inspection des immeubles, six mois après l’octroi d’un permis, afin de s’assurer que les rénovations ont bien été effectuées, ainsi que la mise à disposition des adresses où les travaux n’auraient pas été exécutés une fois le délai de six mois écoulé pourraient être utilisés pour contrer le fléau.

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