Gracieuseté La façade du logement a été conservée tel quel.

La mise en vente d’un logement au coût de 1,4 M$ dans Rosemont – La Petite-Patrie évoque une nouvelle réalité immobilière dans le quartier, selon les courtiers et les organismes se portant à la défense des droits des locataires.

Il s’agit toutefois du seul point sur lesquels les acteurs du milieu s’accordent. Tandis que les agences immobilières constatent un marché qui s’adapte à la demande, les regroupements de comités de logement y voient une menace à l’accessibilité aux appartements à prix modique.

«Ça aurait pu être un endroit idéal pour deux familles de la classe moyenne. À l’heure actuelle, on manque beaucoup de grands logements pour les ménages à faible et moyen revenus dans la métropole», dénonce Marie-José Corriveau, porte-parole pour le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Exemple éloquent d’un «problème émergeant» des unités hors de prix pour les familles moyennes dans les quartiers excentrés de Montréal selon Mme Corriveau: ce cottage qui sied sur l’avenue Louis-Hébert. Autrefois un duplex, cet immeuble construit en 1920 a complètement été rénové par son propriétaire.

L’enveloppe extérieure du bâtiment ne dévoile rien du décor moderne à l’intérieur.

Pour 1 399 000$, les potentiels acheteurs acquerraient un ensemble de 16 pièces, le rez-de-chaussée et l’étage étant désormais vendus en une seule unité.

Sur le rôle d’évaluation foncière de la Ville Montréal, la valeur de l’immeuble est estimée à 489 300$.

Si le projet fait figure d’exception selon la courtière immobilière Nathalie Morin, celle-ci assure qu’il s’inscrit de façon cohérente dans le contexte de Rosemont – La Petite-Patrie.

«Le secteur du parc Molson n’est pas majoritairement composé de ménages modestes. De plus en plus de familles confortables financièrement recherchent une propriété dans le quartier. J’ai vu des rez-de-chaussée vendus pour un demi-million de dollars», affirme Mme Morin.

Selon cette dernière, beaucoup de nouveaux acheteurs désirent obtenir un logement récemment rénové, la perspective de travaux en rebuterait plus d’un.

La fusion, une exception?
La fusion de plusieurs logements en une seule unité ultra moderne à l’instar du cottage rosemontois serait rare et ne représenterait pas plus de 10 % du parc immobilier, selon les estimations de la courtière.

S’il se désole de voir que des appartements peuvent se perdre à cause de fusions de ce genre, Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ), reconnaît qu’il ne s’agit pas de la principale menace au parc locatif. L’ennemi numéro un, c’est plutôt la conversion d’unités locatives en condominiums indivis.

«Sur le Plateau, cela a résulté à la perte d’un tiers des logements à louer, et d’un quart dans La Petite-Patrie depuis les années 1990. C’est pourquoi nous demandons un moratoire sur la transformation en unités divises et indivises au Québec», dit le porte-parole du RCLALQ.

Pour la création d’un registre des baux
Selon Mme Corriveau, il est difficile de quantifier l’appauvrissement du nombre d’unités locatives, la Régie du logement du Québec ne tenant pas de registre des baux signés chaque année.

«Nous n’avons pas les outils pour suivre le parc locatif. Nous ne pouvons pas faire la différence entre les appartements loués et ceux occupés par les propriétaires», insiste la porte-parole du FRAPRU.

La mise en place d’un tel registre permettrait de connaître les conditions sous lesquelles un appartement a précédemment été loué, puisque les baux antérieurs seraient du domaine public.

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