Archives Plus d'un an après que l'Arrondissement a annoncé vouloir resserrer sa réglementation, le projet reste sur la glace.

Les élus de Rosemont – La Petite-Patrie n’entreprendront pas prochainement des mesures réglementaires pour contrecarrer les effets négatifs sur le marché locatif des plateformes comme Airbnb.

C’est ce qu’a confirmé la conseillère de ville, Christine Gosselin, qui ajoute que l’Arrondissement n’adoptera pas de réglementation similaire à celle qui été votée par l’administration du Plateau-Mont-Royal la semaine dernière.

En effet, dans le quartier voisin, les demandes de permis pour les résidences de tourisme seront désormais limitées géographiquement sur deux artères, soit la rue Saint-Denis et le boulevard Saint-Laurent.

Selon Mme Gosselin, cette solution ne conviendrait pas à la réalité de Rosemont – La Petite-Patrie.

«Notre arrondissement est plus résidentiel, contrairement au Plateau et à Ville-Marie, qui ont adopté de telles règles. Ce n’est pas pareil ici, où il n’y a pas cette commercialisation des appartements. Toutefois, le dossier Airbnb nous préoccupe quand même et on le suit de près», insiste Mme Gosselin.

Celle-ci indique que son équipe observera les efforts des deux autres quartiers centraux et prendra note des résultats de leur réglementation.

De plus, contrairement à ce qui avait été annoncé en mai 2017, Rosemont – La Petite-Patrie n’ira pas de l’avant pour limiter les offres de locations de plus de 31 jours par année. La proposition présentée dans un avis de motion a été «mise sur la glace».

«Nous ne nous trouvons pas dans une situation qui est critique et nous sommes encore en réflexion en ce qui a trait à la meilleure façon d’appliquer la loi sur l’hébergement touristique. Il y a un écart entre la théorie et la pratique», souligne Mme Gosselin.

Désaccord aux comités logement
Groupes qui se portent à la défense des droits des locataires, les comités logement de Rosemont et de La Petite-Patrie se disent déçus et surpris par la décision de l’Arrondissement de ne pas aller de l’avant avec son intention de serrer la vis aux plateformes de location.

«Ce n’est pas parce qu’on est les troisièmes pire dans les pertes de logement au profit d’Airbnb qu’on ne se trouve pas dans une situation urgente», insiste Martin Blanchard, porte-parole pour le Comité logement de La Petite-Patrie.

Ce dernier fait référence à une étude publiée en 2016 dans laquelle l’organisme évaluait que le quartier était le plus prisé, après le Plateau – Mont-Royal et Ville-Marie sur la populaire application d’hébergement à domicile.

«On avait calculé que près de 800 logements étaient offerts sur Airbnb dans La Petite-Patrie, dont à peu près 130 durant toute l’année. Cela vient empirer un phénomène de crise du logement dans le quartier, ou moins de 2 % du locatif est libre», indique M. Blanchard.

Limiter à moins de 30 jours par année la période maximale pendant laquelle les locateurs peuvent rendre disponible un logement aurait été un pas dans la bonne direction, souligne-t-il.

Il ne faudrait pas non plus laisser libre cours à la transformation commerciale des logements. Restreindre à certaines artères commerciales ce type de permis serait donc inutile, selon M. Blanchard, considérant la quantité de locateurs qui agiront tout de même dans l’illégalité.

Pour sa part, Caroline Magnier, coordinatrice du Comité logement Rosemont, aurait été ouverte à l’idée. «Ces plateformes ont eu des conséquences dévastatrices dans d’autres grandes villes comme Paris et Berlin. Il ne faut pas attendre pour les encadrer, une zone attitrée aurait pu aider à remédier à la situation», affirme-t-elle.

Cette dernière affiche tout de même une propension pour une interdiction pure et simple de ce genre de plateforme. «Il faut prendre le temps de se poser et d’établir des lois avant de les permettre. Un moratoire s’impose.»

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