Emmanuel Delacour Le règlement encadrant la modification des maisons shoebox sera moins contraignant qu'annoncé en 2018, selon les élus.

Après plusieurs rencontres avec les citoyens, des experts en patrimoine et en architecture, les élus de Rosemont – La Petite-Patrie s’apprêtent à déposer une version modifiée de leur règlement encadrant les maisons shoebox, qui devrait donner un peu plus de lest à plusieurs propriétaires voulant transformer leur bâtiment.

Dans un document obtenu auprès de l’Arrondissement, on apprend que le nombre de ces habitations unifamiliales possédant des éléments patrimoniaux importants sera revu à la baisse.

En effet, parmi les 561 shoebox recensées par l’administration sur son territoire, le décompte des demeures dans la catégorie 3, soit celles qui comportent le plus d’intérêt historique, chute de 234 à 158, tandis que le nombre de maisons ayant le moins d’intérêt classé dans la catégorie 1, grimpera de 69 à 170.

Pour ce qui est de celles se trouvant dans la catégorie 2, leur compte passe de 258 à 233. Le règlement prévoit que l’on puisse construire dans les shoebox de catégorie 2 jusqu’à 3 logements. Il est aussi permis que l’on y ajouter 2 étages à l’étage existant et que l’on agrandisse sur un seul étage la maison. Enfin, il sera possible de rénover leur façade et les étages ajoutés n’auront pas à présenter pas un retrait minimal d’un mètre.

Ainsi, après avoir tenu une assemblée citoyenne pour expliquer le projet de règlement en octobre et avoir consulté un comité ad hoc en novembre 2018, les élus ont tenté de répondre aux préoccupations des propriétaires, insiste Christine Gosselin, conseillère de ville pour Rosemont – La Petite-Patrie en charge de ce dossier.

«Le pointage est resté le même, mais nous avons élargi la zone de pointage afin de diminuer les contraintes qui étaient trop lourdes pour certains propriétaires», souligne-t-elle.

Le règlement proposé en deuxième lecture le 14 janvier prochain prévoit aussi permettre l’agrandissement de certaines shoebox de la troisième catégorie, mais imposerait qu’elles restent des maisons à vocation unifamiliale. C’est après avoir entendu des experts en patrimoine bâti, qui allaient même jusqu’à demander d’interdire les agrandissements dans ces immeubles de valeur historique, que les élus en sont venus à ce compromis, affirme Mme Gosselin.

Si la révision à la baisse du nombre de maisons d’importance historique est accueillie d’un bon œil de la part de Wilfried Cordeau, membre du groupe des Propriétaires de Shoebox de Rosemont – La Petite-Patrie, celui-ci s’étonne que la notion de maison à vocation unifamiliale ait été rajoutée à ce moment de l’élaboration du règlement.

«Nous ne sommes pas nécessairement contre, il faudra en débattre. Toutefois, nous savons que les projets d’agrandissement demandés pour créer un deuxième ou troisième logement sont plutôt rares», insiste M. Cordeau.

Ce fait est d’ailleurs reconnu par Mme Gosselin, qui souligne toutefois qu’il était primordial de préserver «l’aspect patrimonial des maisons unifamiliales dans le quartier».

L’adoption de la seconde lecture du règlement par le conseil d’arrondissement devrait avoir lieu le 14 janvier prochain. Un avis public concernant le processus d’approbation référendaire sera ensuite publié.

L’adoption du règlement est prévue lors du conseil d’arrondissement du 11 février 2019. À la suite de cette mise en application, le moratoire sur les projets de modifications des maisons shoebox devrait être levé vers la fin du mois de février, estime Mme Gosselin.

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