Audrey Gauthier/TC Media Les élèves de l'école Georges-Vanier manipuleront et expérimenteront dans le nouveau volet sciences appliquées, offert dès septembre 2016.

La pratique a le dessus sur la théorie à l’école secondaire Georges-Vanier, depuis que l’établissement scolaire a mis en place un nouveau volet de sciences appliquées, en septembre. Une première à Montréal.

Depuis quelques semaines, un groupe d’élèves de cette école secondaire de Villeray prennent part au programme «sciences appliquées», en suivant le concept de «concevoir, manipuler et réaliser», sans toutefois mettre de côté le programme éducatif du ministère de l’Éducation.

Voyant que ses élèves avaient besoin de manipuler pour mieux apprendre, la directrice adjointe de l’école Georges-Vanier, Danielle Simard, a décidé de créer ce volet spécial.

«On s’est rendu compte que 60% de nos élèves étaient kinesthésiques, c’est-à-dire qu’ils sont plus à l’aise d’expérimenter pour apprendre. Il fallait faire quelque chose pour répondre aux besoins de ces jeunes», mentionne-t-elle.

Tout au long de l’année scolaire, les élèves de la classe du nouveau volet bénéficieront donc d’ateliers professionnels dispensés par des experts, pour donner du sens à leurs apprentissages.

«Nous sommes très fiers d’avoir pu ouvrir notre première classe, mentionne Mme Simard. Les ateliers à lesquels ils participent sont toujours en lien direct avec les matières académiques.»

L’année scolaire des élèves de ce programme particulier a débuté par la tenue d’ateliers autochtones.

«Les jeunes ont fabriqué un vase en argile, qu’ils ont fait cuire à 800 degrés Celsius dans un trou qu’ils ont creusé à même le terrain de l’école, explique la directrice adjointe. Un archéologue de la nation Atikamekw les a aussi aidés à tailler une pierre d’ardoise et un bout de bois pour en faire un couteau.»

Dans les semaines à venir, ils procéderont à la création d’un hôtel à insectes polinisateurs et construiront un petit barrage électrique, dans le but de s’initier aux bases du génie civil, mécanique et électrique, ainsi qu’aux enjeux sociaux et environnementaux.

Les jeunes ont fabriqué un vase en argile, qu’ils ont fait cuire dans un trou qu’ils ont creusé à même le terrain de l’école.

Les jeunes ont fabriqué un vase en argile, qu’ils ont fait cuire dans un trou qu’ils ont creusé à même le terrain de l’école.

Programme revampé
L’école Georges-Vanier présente aussi son programme «Impact». Existant depuis plusieurs années, il a été revampé cette année pour s’inscrire aussi dans une optique plus vivante, où les élèves vivent des expériences réelles pour s’instruire.

Tel que le prévoit le programme, les élèves qui ont choisi de s’y inscrire ont commencé l’année en apprenant l’espagnol et l’anglais, en plus des classes de français enrichi.

Leur année scolaire a débuté par une sortie multi-facettes qui a duré deux jours. Ils sont allés récolter des légumes toute la journée dans les champs des «Moissonneurs Solidaires», organisme qui prête des terres afin de nourrir des gens dans le besoin.

«Nos 20 élèves ont récolté plus de 4500 livres de carottes en une seule journée, souligne Mme Simard. Cet exploit est considéré comme leur projet social de l’année, puisqu’ils ont à en vivre un d’envergure à chaque année du secondaire dans ce programme, en fonction de leur âge et habiletés.»

Les adolescents ont aussi passé la nuit dans une vieille prison de Trois-Rivières, pour y découvrir le milieu carcéral.

«Nous croyons fermement que de vivre les choses pour apprendre rend les apprentissages plus vivants et intéressants», continue la directrice adjointe.

Rêver grand
Le souhait le plus fou de Mme Simard serait que ce type d’éducation soit intégré au programme éducatif des autres écoles secondaires à Montréal.

«On voudrait tellement que ça fasse des petits. Je crois vraiment que la pratique est bénéfique pour les élèves. C’est une manière différente d’apprendre et je peux vous confirmer que les jeunes de la classe de sciences appliquées adorent venir à l’école depuis qu’ils font partie du programme», affirme-t-elle.

Pour la prochaine rentrée scolaire, la directrice espère que les inscriptions seront assez nombreuses pour ouvrir des classes supplémentaires.

«On croit tellement en ce programme-là», conclut-elle.

Pour en apprendre davantage sur le volet sciences appliquées et le programme «Impact», les parents peuvent se présenter aux portes ouvertes de l’école Georges-Vanier, située au 1205, rue Jarry Est, qui auront lieu le 13 octobre.

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