Graham Hughes / La Presse Canadienne Le salaire minimum à 15 $ pourraient permettre de lutter contre la précarité selon le Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Une manifestation visant à convaincre le gouvernement du Québec d’augmenter le salaire minimum pourrait attirer des milliers de personnes samedi, à Montréal.

Des groupes communautaires, syndicaux, politiques et étudiants se réuniront pour réclamer un salaire minimum à 15$ l’heure.

«C’est simple, il n’y a personne qui peut vivre dignement et décemment avec un salaire de 10,75$ par heure au Québec en 2016. C’est pour cela qu’on veut faire pression pour le majorer à 15$», souligne Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), qui a participé activement à l’organisation de l’événement.

Selon des données de l’Institut de la statistique du Québec, 211 500 personnes étaient rémunérées au salaire minimum en 2015, soit 6% du total des salariés québécois.

«À l’heure actuelle, environ 500 000 travailleurs gagnent en bas de 15$ de l’heure, mentionne M. Boyer. C’est beaucoup trop. On pense que les employeurs sont capables de mieux jouer leur rôle. Ils doivent payer davantage pour augmenter la qualité de vie des gens.»

Avec la tenue de cette manifestation, qui débutera à 11h au parc Le Prévost, dans Villeray, les organisateurs souhaitent envoyer un message clair au gouvernement.

«Il faut que le message soit entendu une fois pour toutes, affirme Mélanie Gauvin, membre du groupe «Au bas de l’échelle» et porte-parole pour le regroupement 5-10-15. On est prêts à porter ces revendications-là longtemps. On y tient.»

Selon Mme Gauvin, l’augmentation du salaire minimum pourrait avoir des effets bénéfiques réels sur l’économie.

«On a beaucoup entendu parler des impacts négatifs que cette hausse pourrait apporter, mais il faut savoir qu’il y aurait aussi des aspects positifs, soutient la porte-parole de 5-10-15. Sinon, on ne prêcherait pas pour cela.»

«La personne qui va gagner ces quelques dollars de plus n’ira pas les placer ailleurs, continue M. Boyer. Elle va faire tourner l’économie d’ici, manger dans les restaurants d’ici, dépenser localement. Elle sera plus à l’aise financièrement, mais elle ne sera pas riche.»

Études demandées
De son côté, le conseil du patronat du Québec (CPQ), affirme avoir commandé des études approfondies sur les impacts d’une telle hausse.

Refusant de se prononcer sans pouvoir d’abord s’appuyer sur ces données, Yves-Thomas Dorval, président-directeur général du CPQ, a tout de même fait valoir que le CPQ avait toujours appuyé les hausses du salaire minimum proposées par le gouvernement.

«On ne nie pas que 10,75$ c’est peu, affirme-t-il. Toutefois, on ne se cachera pas que lorsque des coûts sont augmentés dans une entreprise, l’employeur doit faire des choix. Il pourrait décider, par exemple, de transporter ses opérations ailleurs, d’acheter de la machinerie pour remplacer la main d’œuvre, ou encore de cesser totalement ses opérations.»

«Il ne faut pas sous-estimer que ces décisions de l’employeur peuvent avoir un important impact sur l’emploi», conclut M. Dorval.

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