Les habitations à loyer modique (HLM) pour personnes âgées sont «dangereux» selon un organisme se portant à défense des droits des usagers du système de santé des services sociaux.

C’est ce qu’affirme le directeur général du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), Pierre Blais.

Dans une lettre adressée au ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, M. Blais dénonce les faibles «normes minimales de certification et d’inspection» dans les HLM destinés aux personnes de plus de 60 ans.

C’est un incendie dans les Habitations Boyer, dans l’arrondissement de Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension, qui a coûté la vie à une résidente le 2 janvier dernier, qui a motivé l’organisme à mettre à jour une situation qui «n’a pas d’allure», selon M. Blais.

«Est-ce qu’il y a un deux poids deux mesures? C’est ce qui nous semble. Sinon, comment expliquer que certains règlements obligatoires en résidences privées ne soient pas appliqués dans les établissements publics? On ne peut pas avoir deux catégories d’aînés», s’insurge le directeur général du RPCU.

Le regroupement dénonce entre autres le fait qu’il n’y ait pas de boutons d’appel à l’aide dans les logements, l’absence de système de gicleurs dans certains établissements plus anciens ainsi qu’un manque de personnel entraîné à évacuer les résidents en cas de situation d’urgence disponible sur les lieux. À part la présence de gicleurs, ces mesures sont exigées dans la certification de conformité des résidences privées pour aînées, émise par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Selon M. Blais, la présence d’un bouton d’urgence ou de gicleurs aurait peut-être pu sauver la vie de la dame décédée aux Habitations Boyer.

L’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) gestionnaire de l’immeuble qui a été la proie des flammes assure que le bâtiment, construit en 1985 est aux normes et fréquemment inspecté.

«On a eu un exercice d’incendie le mois précédent qui s’était bien déroulé. Malgré tout, dans son ensemble l’incendie a bien été contrôlé par les services d’urgence», affirme Ingrid Dirickx, chargée de communication pour l’OMHM.

De plus, la relationniste de l’Office souligne que les normes exigées au prive par le ministère concernent les résidences où l’on retrouve des personnes en perte d’autonomie.

Toutefois, le site internet de l’OMHM informe qu’on retrouve aux Habitations Boyer 91 logements destinés à des personnes retraitées (60 ans et plus) ainsi que cinq logements adaptés. «Ce sont des gens à mobilité réduite», reconnaît Mme Dirickx.

Même son de cloche de la part du cabinet d’Anie Samson, maire d’arrondissement de Villeray –Saint-Michel-Parc-Extension, qui presque mot pour mot rappelle la conformité du bâtiment et le bon travail des pompiers.

«C’est certain qu’à titre de vice-présidente du comité exécutif elle va se pencher sur ce dossier au niveau de la Ville, une fois qu’on aura plus d’informations», assure Marisa Celli, responsable des communications pour Mme Samson.

De son côté, ministère de la Santé et des Service sociaux indique par courriel avoir pris connaissance de la lettre de M. Blais, mais soutient que c’est la Société d’habitation du Québec (SHQ), relevant du ministère des Affaires municipales, «qui gère les règles entourant ce type d’habitation, qui ne visent pas uniquement les personnes aînées.»

L’OMHM gère 11 002 logements HLM destinés aux personnes âgées dans la métropole. Ces logements accueillent des personnes autonomes de 60 ans et plus.

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