Arnaud Stopa TC Media Le groupe de Shalina Khatun prépare des tangail chomchom, un dessert bengali.

Cuisines et Vies Collectives Saint-Roch fête cette année ses 25 ans. Une occasion pour revenir sur l’histoire d’un organisme essentiel aux citoyens de Parc-Extension.

Débutées dans une cuisine du CSLC en 1992, les Cuisines voulaient permettre aux résidents du quartier de sortir de la pauvreté alimentaire, tout en leur fournissant l’autonomie nécessaire pour manger convenablement et ainsi aider au maintien en bonne santé. «Nous avons toujours travaillé pour diminuer le fardeau de la pauvreté et créer des solidarités», explique Gloria Fernandez, directrice de l’association depuis une vingtaine d’années.

Aujourd’hui, vingt groupes fréquentent les cuisines situées au coin de Bloomfield et Ogilvy. Certains groupes sont composés d’une seule nationalité, d’autres sont mixtes. L’essentiel est de cuisiner ensemble, mais pas seulement. «Il faut planifier les choses, indique Shalina Khatun, animatrice d’un groupe bengali. Savoir ce qu’on va acheter et où, préparer les menus.»

Celle qui a immigré il y a vingt ans s’est engagée comme participante aux Cuisines il y a seulement un an, avant de devenir animatrice. «Je voulais travailler avec d’autres femmes et découvrir des nouvelles recettes mexicaines, chinoises ou grecques», assure-t-elle.

Diversification

Tout comme son quartier, passée de la Petite-Grèce des années 90 à l’Asie du Sud-Est qui représente aujourd’hui la majorité des origines de ses citoyens, les Cuisines ont su s’adapter à un milieu changeant, en intégrant d’autres activités. «Il a fallu trouver de nouvelles approches et aller plus loin que la cuisine seulement. C’est pour ça que nous nous appelons Cuisines et Vie Collectives Saint-Roch depuis 2009», se remémore Gloria Fernandez.

Aide alimentaire, ateliers dans les écoles, cours de zumba et de nutrition, ou encore création d’un guide alimentaire multiethnique ont permis de toucher de nouvelles franges de la population.

Au-delà de sa mission principale, les Cuisines ont aussi permis d’aider à l’intégration des nouveaux arrivants. «Les immigrants ont des cours de français obligatoires, mais ils ont nulle part où le pratiquer, sauf dans nos ateliers. Ce sont quatre heures de leur temps dans la semaine où il discute de leur vie en français.»

Gloria Fernandez n’a pas peur pour l’avenir de son organisme. Un réel sentiment d’appartenance existe chez les bénévoles, dont 80 sont réguliers, ce qui est une chance, selon elle. «Je n’ai pas de problème a faire marcher les Cuisines. J’ai toujours des personnes qui viennent me demander s’il peuvent faire quelque chose.»

Cuisines et Vies Collectives Saint-Roch fêteront leur 25 ans le 19 mai à 17h à l’auditorium du complexe William-Hingston.


21 000
C’est le nombre de repas cuisinés par an dans les locaux. 1500 personnes ont accès à cette nourriture

22 ans
Il aura fallu 22 ans pour que les Cuisines disposent d’un local permanent pour ses cuisines, ouvertes en 2014. Douze lieux différents les avaient accueillies auparavant.

8 ans
Il aura fallu huit années pour que les Cuisines publient Richesse de Parc-Extension, un livre de 290 recettes multiethniques fait par ses usagers.

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