Photo gracieuseté / Football antiraciste Durant le Tournoi antiraciste de Montréal, les équipes sont en autogestion pour promouvoir la solidarité.

Le collectif Football antiraciste organise son tournoi annuel dans Villeray pour lutter contre toutes les formes d’oppression. 22 équipes vont participer à cette compétition aux règles parfois insolites.

Lors du Tournoi de football antiraciste de Montréal, les différences restent au vestiaire. Dans cette vision d’unité, les équipes de cinq joueurs sont mixtes pour lutter contre le sexisme, la diversité est encouragée pour s’opposer au racisme et des associations des droits LGBT sont conviées pour dénoncer l’homophobie.

« On porte un message contre toutes formes d’oppression. Ce n’est pas juste le racisme, les autres oppressions sont aussi à combattre », estime Mathieu, membre du collectif Football antiraciste qui organise cette compétition.

Pour sa quatrième édition, le tournoi va avoir lieu dans le parc De Normanville ce samedi 15 juillet.

L’événement est porté par des amoureux de soccer pour la plupart membres de Front Commun Montréal, un groupe d’« ultras », des partisans fanatiques de l’Impact de Montréal. Ils ont créé cette compétition sportive pour propager un message d’unité.

« Face à la montée de la xénophobie et de l’extrême droite, on cherchait un événement rassembleur. Puisqu’on est tous amateurs de football (soccer), on a voulu en faire un vecteur politique », explique Mathieu.

Le Tournoi de football antiraciste de Montréal gagne en popularité d’année en année et accueillera un nombre record de 22 équipes samedi prochain. Elles seront divisées en quatre groupes de qualifications qui s’affronteront pour rejoindre la phase à élimination directe.

« Il n’y a pas d’arbitres, s’il y a une problématique, on invite les équipes à gérer cela ensemble. C’est un moyen de promouvoir des valeurs d’humanité par le jeu », indique Mathieu. Dans ce même esprit, en cas d’égalité à l’issue d’un match, les équipes doivent se concerter et se mélanger pour poursuivre la compétition ensemble.

Un mouvement à contre-courant
Les compétitions de soccer antiracistes et antifascistes sont nées dans le sud de l’Europe à la fin des années 90.

Dans le cadre du programme FARE (Football against racism in Europe / Le football contre le racisme en Europe), le Mondial antiraciste de Bologne rassemble chaque année en juillet plus de 200 équipes issues de 40 pays en Italie pour une compétition basée sur des valeurs de fraternité et d’humanité.

Un rassemblement similaire ouvert à d’autres sports est aussi organisé chaque année à Palerme en Sicile depuis 2008, tout comme en Suisse avec l’Antira-Cup depuis 2007 ou à Athènes avec la Ligue Antifa lancée il y a quatre ans.

Ces événements sont souvent utilisés comme des vitrines pour dénoncer la dérive capitalistique du soccer et mettre en avant des valeurs plus humaines et authentiques.

Le tournoi organisé dans Villeray débutera à 10h et devrait se terminer en fin d’après-midi vers 18h. Des places sont encore disponibles dans des équipes de joueurs individuels et l’inscription est gratuite avec une contribution volontaire.

Pour ceux qui sont moins intéressés par la partie sportive, un concert, des animations et des ateliers de discussion sur les différents types d’oppression seront proposés tout au long de la journée.

Des stades encore trop racistes
Le problème du racisme dans les tribunes est loin d’être réglé et le sud de l’Europe est encore particulièrement concerné par ce phénomène.

En mai dernier, Sulley Muntari, attaquant ghanéen de l’équipe italienne de Pescara a décidé de quitter la pelouse après avoir reçu un carton jaune pour avoir répondu à des partisans de l’équipe de Cagliari qui lui lançaient des slogans racistes.

En janvier, Mario Balotelli, joueur de Nice et italien d’origine ghanéenne avait été confonté à des imitations de cris de singe descendant des tribunes du stade de Bastia, un club de Corse, une île française méditerranéenne.

« C’est encore d’actualité et cela pourrait se manifester en Russie avec la coupe du monde qui s’en vient. Le message à porter dans les tribunes est important, il faut dire fort qu’on est contre le racisme et l’homophobie », lance Mathieu, membre du collectif Football antiraciste de Montréal.

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