Gracieuseté. Les psychothérapeutes du RIVO aident des centaines de réfugiés chaque année.

Depuis près de 25 ans, un organisme aujourd’hui situé dans La Petite-Patrie vient en aide aux nouveaux arrivants ayant été victimes de violence.

Guerres civiles, attaques systématiques contre les personnes issues de la communauté LGBT, ou encore violence faite aux femmes, ce sont là quelques exemples d’atrocités qu’apportent certains immigrants dans leurs bagages psychologiques et émotionnels à leur arrivée au Québec.

Pour parer à ces traumatismes, des psychothérapeutes comme Véronique Harvey travaillent au sein du Réseau d’intervention auprès des personnes ayant subi de la violence organisée (RIVO) et s’efforcent d’offrir du soutien aux réfugiés ou à ceux en attente de ce statut au Québec.

«Les symptômes peuvent se manifester de façons très différentes d’un individu à l’autre. Il peut éprouver de la difficulté à dormir, ressentir une perte d’appétit, vivre des attaques de panique ou connaître une peur des agents de police. La blessure psychologique se trouve dans la confiance envers les autres êtres humains», explique Mme Harvey.

De plus, les effets des horreurs vécues dans leur pays d’origine ne sont pas toujours ressentis au moment de leur débarquement à l’aéroport, souligne la psychothérapeute.

«Parfois cela prend des années avant de refaire surface. C’est lorsque les victimes sont installées, qu’elles ne sont plus en «mode survie» et qu’elles prennent le temps de penser à ce qui leur est arrivé qu’elles ressentent les effets du syndrome post-traumatique et de la dépression», insiste Mme Harvey.

Le stress intense que vivent les demandeurs d’asile en attente de l’obtention du statut de réfugié est décuplé par les audiences devant commissaires, qui peuvent parfois durer près de trois heures et auxquelles les répondants n’ont que quelques semaines pour se préparer.

«Il y des commissaires plus sceptiques que d’autres et il faut que ces victimes prouvent que leur histoire est véridique. Ressasser les événements passés peut être douloureux et leur cause un sentiment de honte. L’angoisse que vivent les réfugiés est énorme, parce que le dénouement de cette audience, il s’agit d’une question de vie ou de mort pour eux», insiste la porte-parole du RIVO.

Depuis 1993, l’organisme a offert gratuitement environ 40 000 heures de thérapie à 4000 femmes, hommes et enfants traumatisés par des expériences de violence humaine vécues dans leur pays d’origine avant de trouver refuge à Montréal. C’est en 2015 que RIVO a déménagé dans l’édifice de la Maisonnée, dans La Petite-Patrie.

La même année, le RIVO s’implique dans l’accueil au Canada de l’importante vague de réfugiés syriens, qui fuient la guerre civile faisant des ravages depuis 2011 dans leur pays d’origine. Le nombre de cas traités par le RIVO a doublé en un an, passant de 130, en 2016, à 262, en 2017.

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