Isabelle Bergeron Le collectif Patin libre a emménagé à Parc-Extension pour l'hiver.
Amateurs de danse contemporaine, sortez vos combines à grand’manches et vos habits de neige une pièce, car c’est à l’étang du parc La Fontaine que ça se passe. Tout au long du mois de février, le collectif Patin libre, qui a élu domicile dans Parc-Extension pour l’hiver, y présentera des démonstrations de patinage contemporain. Nul doute que cette discipline artistique ne vous laissera pas de glace!

Amalgame de patinage artistique et de danse contemporaine, le patinage contemporain se veut davantage un art qu’un sport. «Il s’agit d’une forme de danse qui se fait sur patins. Ça s’inspire beaucoup des danses contemporaine et urbaine, ainsi que des arts du cirque. On est au patinage artistique ce que la danse contemporaine est au ballet classique», explique Alexandre Hamel. Il a lancé ce groupe il y a maintenant sept ans.

Le collectif regroupe cinq danseurs, issus pour la plupart du milieu du patinage artistique professionnel. Ils ont délaissé leur carcan de strass et de paillettes qu’ils trouvaient trop contraignant pour laisser libre cours à leur imagination créatrice. Finies les chorégraphies aux figures imposées, bonjour les figures évocatrices.

«Le patinage artistique, c’est très standardisé, très poussé vers certaines esthétiques hypersexualisées. C’est du divertissement. Ça ne nous plaisait pas. On ne rejette pas cette discipline; on a plusieurs de nos mouvements qui en sont issus. Pour ma part, j’en admire le côté technique, mais j’avais envie de m’éloigner de son côté formaté. Les patineurs professionnels, les seules opportunités qu’ils ont, ce sont les Disney on Ice: tu te déguises en mascotte ou tu lèves la patte en g-string», illustre M. Hamel.

«En patinage artistique, quelle liberté artistique reste-t-il quand tout est créé en fonction d’un système de pointage, pour plaire aux juges? Il n’y en a aucune. Même chose avec les Disney on Ice: tu dois plaire au public. Nous, ce qu’on recherche, c’est une vraie démarche artistique porteuse d’un message», renchérit son comparse français, Samory Ba.

Seul Jasmin Boivin a un parcours atypique. Amateur de musique, il s’est d’abord joint au groupe à titre de DJ. Toutefois, l’appel de la glace a finalement été le plus fort. Autodidacte, il a enfilé ses patins de hockey et a su se créer un style bien à lui, plus fluide, qui diffère de celui de ses collègues en «patins avec des pics-pics». S’il ne prend pas part aux numéros traditionnels, il fait valoir son talent lors de duels improvisés entre les danseurs au cours de leurs spectacles.

Party sur la glace

Si le patinage contemporain commence à faire de plus en plus parler de lui un peu partout dans le monde, il demeure toutefois une discipline méconnue. Le collectif souhaite la faire découvrir aux Montréalais. L’an passé, il s’est adonné à des démonstrations spontanées, un peu à la façon flash mob, éveillant la curiosité des gens. Cette fois-ci, la démarche est plus structurée.

«On invite les gens à venir nous retrouver à l’Espace La Fontaine pour prendre l’apéro avec nous. On va présenter des vidéos de ce qu’on fait et parler d’où on vient. Par la suite, on les amène dehors pour une démonstration de 10 à 15 minutes. On les invite ensuite à chausser leurs patins et à venir lâcher leur fou avec nous sur la glace. Jasmin va mixer de musique», expose Pascale Jodoin.

Ce type d’événement laisse place à de belles surprises, soutiennent les danseurs. Ils confient avoir vu des patineurs amateurs tenter des pirouettes et se réapproprier le plaisir de patiner.

«Ici, au Québec, vous avez plein de patinoires extérieures, mais tout ce que vous y faites, c’est tourner en rond ou jouer au hockey. Il faut redonner un côté ludique et amusant au patinage», soutient M. Ba.

Les Apéros du Patin Libre se tiendront les mercredis de février, dès 18h, à l’Espace La Fontaine (3933, avenue du parc La Fontaine). L’activité est gratuite. Le collectif présentera également son spectacle «Patineurs anonymes» les samedis du 9 au 30 mars à l’aréna Mile End (5633, rue Saint-Dominique). Coût: 15$ en ligne; 19$ à la porte. Info: lepatinlibre.com.

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