Depuis le mois de septembre, Hydro-Québec procède à l’installation de 20 000 compteurs nouvelle générations dans Villeray. Certains citoyens s’alarment des radiofréquences qu’ils émettent.

«On est soumis à une expérience menée à l’aveuglette», s’indigne la résidente Marie-Michelle Poisson, à l’origine du blog Villeray Refuse. Comme plusieurs autres citoyens, elle s’inquiète de l’impact sur la santé de ces compteurs intelligents.

Hydro-Québec les compare à l’utilisation de bornes wi-fi ou de cellulaires et affirme que les relevés de données se font six fois par jour.

Or, selon le technicien en hygiène électromagnétique Stéphane Bélainsky «l’ensemble des compteurs pulse des émissions de champs électriques haute fréquence (…) entre 240 fois et 480 fois plus souvent que mentionné dans l’affirmation d’Hydro-Québec».

Georges Abiad, chargé du projet chez Hydro-Québec se défend : «La somme de toutes les secondes par jour donnent moins de cinq secondes par jour. En parallèle, le système fait de la synchronisation de façon intermittente, à chaque fois ce sont des millièmes de secondes. Dans le pire des cas, en situation de déploiement lorsque la communication est la plus fréquente, on se situe entre 20 000 et 50 000 fois inférieur aux mesures de Santé Canada. Sur la base d’une heure, on se situe entre 0.5 et 2 secondes. S’il y avait un doute qu’il y ait un risque pour la santé on n’irait pas de l’avant.»

Ce dernier s’appuie sur l’avis de Santé Canada, diffusé le 16 décembre dernier, selon lequel «l’exposition aux compteurs intelligents ne pose pas de risque pour la santé publique.»

Des compteurs dans les chambres à coucher?

Selon le communiqué de Santé Canada «l’énergie provenant des compteurs est habituellement transmise à une distance beaucoup plus grande [que les téléphones cellulaires] du corps humain.»

Pourtant, Mme Poisson s’inquiète de l’installation des compteurs dans les chambres à coucher ou chez les personnes porteuses de stimulateurs cardiaques. «On installe des compteurs de manière aléatoire dans les foyers. Villeray a été choisi car 70% des compteurs sont installés dans les maisons. Un wi-fi ou un téléphone on peut l’éteindre, pas le compteur.»

L’expert M. Bélainsky rappelle que la diffusion de radiofréquences peut provoquer des problèmes de sommeil et de concentration, des maux de têtes, ou encore des étourdissements. Si M. Abiad ne peut préciser où seront situés les compteurs chez les citoyens, il précise que la distance requise est de trois pieds.

Quand aux collecteurs, qui émettent le plus de radiofréquences, ils seront situés dans l’ancien hôpital chinois, « loin des maisons sur les hauteurs», sur les tours d’hydro-Québec ainsi que dans des espaces commerciaux.

Installation forcée ?

Contre le projet, Mme Poisson a envoyé une lettre de non-consentement à Hydro-Québec. Tous les citoyens ne le font pas. «Certaines personnes ont l’impression que les techniciens sont arrivés de façon cavalière chez elles. Les locataires ne sont pas toujours informés», dénonce la citoyenne.

Pour M. Abiad, l’entreprise est dans son droit. «C’est la propriété et la responsabilité d’Hydro-Québec de récolter les données. On sait que toute l’industrie s’en va par là et on doit être au diapason de l’industrie», conclut-il.

 

Le dossier est actuellement dans les mains de la Régie de l’énergie. Elle rendra sa décision en mars.

Des compteurs qui suppriment des emplois

Avec l’arrivée de ces compteurs intelligents, les techniciens d’Hydro-Québec n’auront plus à se déplacer pour effectuer les relevés de compteurs. Conséquence : ce sont 726 emplois qui seront abolis d’ici 2018. Hydro- Québec prévoit transformer 270 postes en emplois temporaires.

 

Une séance d’information publique sera présentée au Centre Lajeunesse, le 18 janvier à 19h. Plus d’information sur www.villerayrefuse.wordpress.com

 

 

Aussi dans Actualités :

Nous sommes présentement en train de tester une nouvelle plateforme de commentaires sur notre site web. Grâce à Facebook Comments, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!