Gerry Sklavounos, Parti libéral du Québec

«Notre système universitaire québécois est l’un des meilleurs. Afin de le maintenir à un haut niveau, nous devons le financer adéquatement. Pour l’année scolaire 2011-2012, un étudiant universitaire a payé $2 168 en droits de scolarité alors que les contribuables, eux, ont versé $11 100 par étudiant. Avec la hausse, la contribution des étudiants sera portée de 12% à 17% du coût réel de ses études. En comparaison, en 1964, un étudiant québécois payait 26% du coût de ses études. Après l’application du crédit d’impôt, la hausse ne représente que 177$ annuellement, soit 50 cents par jour. De plus, 35% de cette hausse sera retournée aux étudiants en forme d’aide financière aux études. La hausse sera compensé pour les enfants des parents dont le revenu est inférieur à 100 000$. De plus, la mise en place du régime de remboursement proportionnel au revenu permettra aux étudiants, une fois sur le marché du travail, de s’acquitter de leur prêt en fonction de leur capacité à payer. Avec ces mesures, 67 000 étudiants à temps plein recevront une bourse équivalente ou supérieure à la hausse des droits de scolarité. Luc Godbout, professeur de fiscalité à l’Université de Sherbrooke, a d’ailleurs démontré qu’avec la bonification des prêts et bourses, nos étudiants seront dans une position plus avantageuse qu’avant l’augmentation des droits de scolarité. Cependant, une minorité d’étudiants continue de s’y opposer en bloquant l’accès à ceux qui sont d’une opinion contraire et qui ont le droit d’étudier. Devant cette impasse, le 4 septembre, la population tranchera. »

Badiona Bazin, Parti Québécois

«Cette crise étudiante s’est transformée en crise sociale durant tout le printemps et au début de l’été.  C’est la pire de toute l’histoire du  Québec.  Mais pourquoi? Au fil des événements qui ont marqué ce long conflit, force est d’admettre qu’il n’y a pas eu de manifestation de bonne foi, de la part du gouvernement.  Le premier Ministre ne s’était jamais donné la peine de rencontrer les leaders étudiants.  Lorsqu’il s’y était résigné, il l’a fait en catimini, en cachette, après que ses deux ministres de l’éducation eurent connu des échecs que l’on pourrait qualifier de volontaires.  C’était pour lui l’occasion de faire voter sa loi 78.  Sa loi matraque. Il a si bien récupéré la situation, qu’il en a fait son cheval de bataille dès la première semaine de la campagne électorale; cherchant à tirer profit du résultat, quel qu’il soit, que le retour en classe en soit perturbé ou pas. La chef du Parti Québécois, Mme Pauline Marois, avait annoncé ses couleurs dès le début du conflit.  Il a toujours été clairement indiqué qu’il y aurait un gel des frais de scolarité et la tenue d’un sommet sur l’enseignement supérieur.  Ce sommet portera sur le financement et la gestion des universités, l’accessibilité aux études, l’endettement des étudiants, la qualité de l’enseignement et de la recherche ainsi que les droits de scolarité incluant les frais afférents.  Lors de ce sommet, un tiers des sièges sera réservé aux représentants des étudiants, un autre tiers aux représentants du monde de l’éducation et l’autre tiers aux représentants de la société civile. De l’avis du Parti Québécois, et du mien, les étudiants constituent l’avenir du pays, la société de demain.  Nous avons le devoir de prendre en compte leurs doléances, de les  écouter;  et de trouver une solution négociée et non imposée à cet épineux problème.  La proposition du Parti Québécois, c’est qu’aucune hausse ne devra être supérieure au coût de l’inflation.  Et, évidemment les frais de scolarité seront gelés.  Si nous remportons les prochaines élections, nous nous engageons à annuler la hausse de 82% des droits de scolarité décrétée par le gouvernement libéral.  Cette proposition avait déjà été adoptée lors du congrès d’avril 2011, bien avant la grève.  C’est donc loin d’être de l’improvisation ou de la manipulation de l’opinion publique; et la récupération d’une crise sociale aussi aiguë à des fins purement partisanes et électoralistes.»

Andrés Fontecilla, Québec solidaire

«Dans un gouvernement de Québec solidaire, nous abandonnerions en premier lieu l’attitude méprisante de l’actuel gouvernement libéral envers les milliers d’étudiantes et d’étudiants mobilisé-e-s. Nous annulerions les hausses libérales et abolirions la Loi 12 (projet de loi 78) dès l’accession au gouvernement, procédant au gel immédiat des frais de scolarité et négocierions véritablement un accord afin de mettre fin à cette crise. C’est ce qu’on appelle faire preuve de respect pour notre jeunesse. Québec solidaire nous considère en effet l’éducation, de la maternelle à l’université, comme un droit et non comme une marchandise accessible au plus offrant. La logique de gratuité et d’accessibilité universelle à l’éducation devrait aussi inclure l’éducation universitaire. Nous proposons donc l’instauration de la gratuité scolaire étalée sur 5 ans dans le système universitaire. Pour cela, nous utiliserons de sources de revenus non considérées par le gouvernement libéral. Nous réintroduirons une taxe majorée de 0,8% sur le capital des institutions financières, comme les banques, les caisses, les sociétés de prêts, etc. Entre 2006 et 2010 les principales banques canadiennes et le Mouvement Desjardins ont déclaré des bénéfices nets totalisant plus de 66 milliards de dollars5. Ces entreprises peuvent faire leur juste part. Cette mesure permettra de récupérer 608 millions de dollars, de quoi financer amplement le coût de la gratuité scolaire, sans augmenter d’un sou les impôts de la classe moyenne au Québec.»

 

Marie Josée Godbout, Coalition Avenir Québec

«La Coalition Avenir Québec veut que les universités retrouvent leur tradition d’excellence. Montréal, 7 août 2012 –  Avant même que ne débute la campagne électorale, la Coalition Avenir Québec dévoilait son approche pour un retour en classe paisible après la tumultueuse crise étudiante : « Notre gouvernement amendera les aspects de la Loi 78 encadrant le droit de manifester. Nous proposons également de réduire les hausses prévues des frais de scolarité de 254$ par an sur 7 ans à 200$ par an pour cinq ans», de dire Marie-Josée Godbout, candidate de la CAQ dans Laurier-Dorion. La candidate affirme qu’un gel des frais de scolarité ou la gratuité ne sont pas acceptables : « La Coalition veut redonner au système universitaire québécois les moyens de maintenir et renforcer sa tradition d’excellence en recherche et en enseignement, tout en maintenant le principe de l’accessibilité aux études universitaires. La CAQ retarderait jusqu’à janvier 2013 l’application de la hausse. » Madame Godbout ajoute que la CAQ prévoit que le financement supplémentaire accordé aux universités soit assujetti au dépôt d’un plan de rationalisation de leur gestion. « Nous tenons à ce que les services aux étudiants soient améliorés avec une meilleure allocation des ressources résultant du travail des institutions. N’oublier pas qu’avant de donner notre accord à la Loi 78, la CAQ a proposé de nombreux amendements. La CAQ a toujours travaillé à trouver une résolution paisible à la crise et la dernière proposition va dans ce sens », de conclure la candidate de la CAQ dans Laurier-Dorion, Marie-Josée Godbout.»

 

Miguel Tremblay, Option Nationale

«Pour Option nationale, la réponse à cette question est claire : c’est la gratuité scolaire. Tout comme c’est le cas pour la Finlande, la France ou le Danemark, tous des pays qui ont un PIB par habitant supérieur au nôtre, cette mesure serait économiquement rentable pour le Québec. En effet, les diplômés d’études supérieures gagnent un meilleur salaire, paient plus d’impôt et remboursent ainsi ce que leur éducation a coûté. Cette gratuité sera bien sûr balisée afin de garantir que le parcours des étudiants ne se fait pas au détriment des contribuables, mais bien dans le cadre d’une formation académique sérieuse et responsable, qui enrichira indéniablement la société et les générations futures. Cette mesure est en droite ligne avec la philosophie voulant que « l’éducation soit un droit ». Cela règlerait une fois pour toutes le débat sur les frais de scolarité au profit de toute la société québécoise, et non pas au détriment d’une partie de celle-ci, en vertu d’un calcul électoral et d’une idéologie individualiste.»

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