Geert Vanden Wijngaert Geert Vanden Wijngaert / The Associated Press

LONDRES — La décision de l’ancien premier ministre britannique David Cameron d’intervenir militairement en Libye en 2011 était malavisée et elle a contribué à l’émergence de l’islamisme radical en Afrique du Nord, a estimé mercredi un comité parlementaire.

Le rapport sans merci dénonce M. Cameron et son Conseil de sécurité nationale pour avoir décidé d’incorporer un changement de régime à ce qui était tout d’abord une mission de protection des civils, et pour avoir mal planifié l’avenir de la Libye après le renversement de Mouammar Kadhafi.

Il affirme que l’intervention militaire britannique était basée sur des «suppositions erronées» et sur une «compréhension incomplète» des ramifications du remplacement de Kadhafi. Le document ajoute que l’équipe de M. Cameron aurait dû savoir que les rebelles qu’elle appuyait comptaient dans leurs rangs un nombre «important» d’extrémistes.

Le président du comité, le député conservateur Crispin Blunt, a dit que les éléments recueillis permettent de croire que la menace aux civils évoquée pour justifier l’intervention avait été exagérée.

La France et le Royaume-Uni étaient à la tête d’une coalition internationale qui a lancé des frappes aériennes en Libye au moment où les forces de Kadhafi s’apprêtaient à attaquer la ville de Benghazi, qui était contrôlée par les rebelles. Cet assaut aurait pu se transformer en bain de sang.

La Libye a plongé dans le chaos après la chute de Kadhafi et Daech (le groupe armé État islamique) en a profité pour s’y enraciner, ce qui lui donne de nouveaux fiefs au moment où il essuie des pertes territoriales importantes en Irak et en Syrie.

Le Foreign Office britannique a répliqué que l’intervention militaire était appuyée par la Ligue arabe et par le Conseil de sécurité des Nations unies; que la menace provenant de Kadhafi était crédible; et qu’elle nécessitait une réponse internationale «décisive».

Le Foreign Office a ajouté que la campagne n’a jamais débordé de son mandat onusien de protection des civils.

L’analyste Andrew Dorman a dit que les erreurs commises en Afghanistan et en Irak ont été répétées en Libye. Il a ajouté que personne n’a réfléchi à ce qui arriverait une fois Kadhafi parti; que les engagements pris pour reconstruire le pays ont rapidement été oubliés; et que l’attention des dirigeants a rapidement été détournée par la nouvelle crise en Syrie.

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