MILAN — Les procureurs italiens de la ville de Naples ont ouvert une enquête criminelle après le suicide d’une femme de 31 ans qui avait tenté, sans succès, de retirer d’internet une vidéo de ses ébats sexuels.

Le procureur en chef Francesco Greco a dit vendredi que l’enquête pourrait déboucher sur des accusations de cyberintimidation et qu’elle est coordonnée avec une autre enquête associée à une plainte pour diffamation déposée par la femme en octobre contre quatre individus.

La femme, Tiziana Cantone, s’est suicidée mardi et ses obsèques ont été célébrées deux jours plus tard. Sa famille a alors lancé un appel pour que sa mort ne soit pas en vain, mais qu’elle serve plutôt à faire cesser «ce type de violence».

Son suicide et d’autres cas très médiatisés de cyberintimidation ont provoqué un débat en Italie sur la manière dont on pourrait protéger les individus, et non seulement les mineurs, de la circulation non autorisée en ligne de matériel à leur sujet. Le parlement italien discute d’une loi qui faciliterait le retrait de matériel non autorisé ou inapproprié, tout en faisant du harcèlement en ligne une circonstance aggravante.

La presse locale rapporte que Mme Cantone avait envoyé la vidéo privée à un petit groupe d’individus, mais qu’elle a ensuite été la cible d’insultes et de blagues quand les images se sont retrouvées en ligne.

Ses tentatives pour retirer la vidéo de différents sites avaient échoué. En plus de la plainte pour diffamation, elle s’était adressée à un tribunal civil pour faire retirer la vidéo en évoquant une violation de sa vie privée, mais elle n’avait remporté qu’une victoire partielle et avait dû payer 20 000 euros à la cour.

Les procureurs italiens avaient apparemment refusé d’intervenir pour faire retirer la vidéo en expliquant que les images avaient déjà été téléchargées plus de 200 000 fois et qu’il s’agissait donc d’une tâche impossible.

Le patron de l’autorité indépendante italienne qui protège les libertés fondamentales, Antonello Soro, a déclaré à Sky News que les procureurs ont commis une erreur puisque la loi italienne stipule que du matériel délicat ne peut circuler sans consentement expliciter. M. Soro a ajouté que cette affaire, et d’autres, illustrent la nécessité d’éduquer la population quant aux dangers de mettre en ligne des documents personnels.

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