Brynn Anderson Donald Trump. Brynn Anderson / The Associated Press

WASHINGTON — Après avoir passé cinq ans à affirmer que Barack Obama n’était pas né aux États-Unis, Donald Trump a fait volte-face et admis, vendredi, que le président avait bel et bien vu le jour en sol américain, avant de s’attribuer le mérite d’avoir mis fin à cette fausse controverse.

«Le président Barack Obama est né aux États-Unis, point final», a tranché le candidat républicain à la présidentielle lors d’une brève déclaration à la fin d’un événement organisé par sa campagne dans le nouvel hôtel qu’il a récemment ouvert à Washington.

Mais en tentant de dissiper cette théorie du complot, M. Trump en a lancé une nouvelle, affirmant que les questions concernant le lieu de naissance de M. Obama avaient d’abord été soulevées par sa rivale, Hillary Clinton.

«Hillary Clinton et sa campagne ont donné le coup d’envoi de la controverse en 2008 et c’est moi qui y ai mis un terme», a soutenu le milliardaire.

Si cette théorie a été reprise par certains blogueurs ayant appuyé Mme Clinton dans la course à l’investiture démocrate contre Barack Obama il y a huit ans, l’ancienne secrétaire d’État a souvent dénoncé ce qu’elle a présenté comme un «mensonge raciste» visant à «délégitimer le premier président noir» des États-Unis.

Pendant des années, Donald Trump a été le plus ardent défenseur de la théorie voulant que M. Obama ne soit pas né en sol américain, utilisant cet enjeu pour bâtir sa carrière politique et se définir comme un «marginal» prêt à remettre en question l’ordre établi.

Il a, de manière générale, évité d’aborder le sujet durant les primaires républicaines. Vendredi, c’était la première fois qu’il déclarait en termes clairs s’être trompé.

Le changement de cap de M. Trump survient alors qu’il essaie de séduire les électeurs afro-américains, qui ont été nombreux à être offusqués par ses tentatives pour saborder la légitimité du premier président noir du pays.

En 2011, Barack Obama avait fini par dévoiler la version intégrale de son certificat de naissance après que Donald Trump eut exprimé maintes fois des doutes sur l’endroit où il avait vu le jour.

Le jour de la publication du document, M. Obama avait affirmé: «Nous n’arriverons pas à régler nos problèmes si nous sommes constamment distraits par des intermèdes et des crieurs de fête foraine.»

Vendredi, le président a dit espérer que la campagne électorale se concentrerait sur des enjeux plus sérieux.

Des membres afro-américains du Congrès ont quant à eux réclamé que M. Trump présente des excuses au président, l’accusant d’être un imposteur.

En conférence de presse à Washington, le représentant démocrate de New York Hakeem Jeffries a qualifié le candidat républicain d’«incendiaire raciste à la noix» qui attise les braises de l’intolérance et de la haine.

Son collègue G. K. Butterfield, représentant démocrate de la Caroline du Nord, a affirmé que Donald Trump était un «imposteur dégoûtant» n’ayant aucune preuve à fournir pour soutenir ses allégations mensongères.

La démocrate Barbara Lee, de la Californie, a accusé l’homme d’affaires d’être un menteur.

«Cet homme ne peut être élu», a lancé la représentante démocrate Sheila Jackson-Lee, du Texas.

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