The Associated Press Kjartan Sekkingstad.

INDANAN, Philippines — L’otage norvégien du groupe Abu Sayyaf qui est resté captif plus d’un an dans la jungle des Philippines a témoigné de son expérience «dévastatrice» qui a également mené à la mort de deux Canadiens capturés avec lui.

Kjartan Sekkingstad a été relâché par les militants extrémistes, samedi, et remis aux rebelles du Front Moro de Libération nationale, qui ont signé un traité de paix avec le gouvernement philippin et qui avaient aidé à négocier sa libération.

Dimanche, les rebelles ont reconduit M. Sekkingstad aux autorités du pays avec trois pêcheurs indonésiens qui avaient été libérés séparément par le groupe extrémiste.

En plus de l’horreur de se faire rappeler constamment qu’il pouvait être le prochain à être exécuté, M. Sekkingstad dit avoir survécu à plus d’une dizaine de combats entre les soldats philippins et ses ravisseurs dans la jungle de la province de Sulu.

Lors d’une bataille intense, alors que les troupes avaient ouvert le feu, l’homme dit avoir entendu un bruit sourd dans son dos et il croyait avoir été touché par une balle. Lorsque les coups de feu ont cessé, il a découvert que son sac avait été percé d’une balle. Il transportait ce sac à dos troué lorsqu’il a été libéré, samedi.

Dimanche, M. Sekkingstad, arborant une barbe fournie et un uniforme de camouflage, s’est fait demander de décrire son expérience.

«Dévastatrice, dévastatrice», a-t-il lâché, en agrippant son sac.

Le conseiller du président philippin, Jesus Dureza, a accompagné le Norvégien dans un vol en direction de la ville de Davao, où l’ex-otage rencontrera le président Rodrigo Duterte.

Kjartan Sekkingstad a été kidnappé dans un club nautique où il travaillait sur l’île de Samal le 21 septembre 2015, en compagnie des Canadiens John Ridsdel et Robert Hall, ainsi que de la copine philippine de M. Hall, Marites Flor.

Les militants d’Abu Sayyaf avaient réclamé une énorme rançon pour la libération de ses otages étrangers et ont publié des vidéos où ils menaçaient de les exécuter.

M. Ridsdel a été décapité en avril et M. Hall, au mois de juin, lorsque la date de la rançon est venue à échéance. Mme Flor a été relâchée au mois de juin et elle avait raconté avec horreur que les militants se réjouissaient en regardant la décapitation.

M. Sekkingstad a relaté que lui et ses semblables étaient forcés à transporter les biens des militants, qui ne les informaient jamais de leur sort.

«Nous avons été traités comme des esclaves», a-t-il affirmé.

Lorsque les militants ont exécuté M. Ridsdel, les militants répétaient à M. Sekkingstad qu’il serait le prochain.

Mais les rebelles ont commencé à mieux traiter M. Sekkingstad quand les négociations pour sa libération se sont amorcées.

On sait pas si une rançon a été versée pour assurer la libération de l’otage. M. Duterte a suggéré lors d’une conférence de presse le mois dernier qu’une rançon d’un million $ US avait été offerte aux militants, qui s’étaient obstinés garder leur otage. L’armée a dit samedi que leurs attaques répétées avaient forcé les extrémistes à capituler.

La première ministre norvégienne, Erna Solberg, a confirmé que son citoyen était en sécurité. Mme Solberg a soutenu que le ministère des Affaires étrangères, les policiers et les diplomates avaient «beaucoup travaillé» pour assurer sa libération.

Elle a affirmé à l’agence de presse NTB que «les représentants norvégiens n’avaient participé à aucun paiement de rançon ou effectué aucune concession sur la question».

Les troupes philippines avaient lancé une offensive majeure contre le groupe Abu Sayyaf après l’exécution des deux Canadiens. À l’époque, le premier ministre Justin Trudeau avait appelé les autres pays à ne pas payer de rançons aux militants pour les dissuader de kidnapper d’autres citoyens étrangers.

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