Modar Shekho Modar Shekho / The Associated Press

BEYROUTH — Au moins 20 civils ont été tués lundi quand un convoi d’aide humanitaire qui devait desservir 78 000 Syriens a été atteint par des frappes aériennes, a fait savoir mardi le Comité international de la Croix-Rouge.

L’agence humanitaire des Nations unies a suspendu l’envoi de tout nouveau convoi à destination de la Syrie. Les victimes seraient principalement les conducteurs des camions et des employés du Croissant-Rouge.

Selon le premier bilan, 18 des 31 camions des Nations unies et du Croissant-Rouge qui étaient dans la localité de Urem al-Kubra, à l’ouest d’Alep, ont été touchés. Les travailleurs s’apprêtaient à transférer le matériel dans un entrepôt du Croissant-Rouge. Le bâtiment a également été touché et une grande partie de l’aide détruite.

On ne sait pas qui est à l’origine des frappes aériennes. Des avions syriens et russes sont déployés dans la région.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme évoque plutôt un bilan de 12 morts. Les Casques blancs syriens — un groupe de bénévoles civils qui sont souvent les premiers répondants — parviennent au même bilan.

Le directeur de l’Observatoire a dit que le régime de Bachar el-Assad aurait été incapable d’organiser des frappes aériennes avec un préavis de seulement deux heures. Il a ajouté que la province d’Alep a été le théâtre lundi d’une quarantaine de frappes aériennes qui ont duré environ deux heures à compter de 19 h 30, heure locale, et qui étaient essentiellement l’oeuvre de la Russie.

Des insurgés présents dans la province d’Alep ont également pointé l’armée russe du doigt. Un ambulancier a dit que le convoi a été attaqué par des avions russes et syriens; un hélicoptère aurait également largué des barils explosifs.

L’agence de presse Tass rapporte toutefois que le ministère russe de la Défense a nié toute implication dans ces frappes. L’armée syrienne a elle aussi nié y être pour quelque chose.

Un autre groupe militant a accusé la Russie d’avoir lancé 25 bombes qui ont endommagé 20 camions et détruit l’entrepôt du Croissant-Rouge.

Le coordonnateur de l’aide humanitaire du bureau des Nations unies en Syrie, Jan Egeland, a écrit par message texte que le convoi avait été «bombardé». Il a qualifié d’«outrage» l’attaque survenue au moment où la marchandise des camions était entreposée.

Le cessez-le-feu négocié par les États-Unis et la Russie qui est entré en vigueur la semaine dernière en Syrie semble maintenant plus fragile que jamais.

Aussi dans Monde :

blog comments powered by Disqus