John Bompengo John Bompengo / The Associated Press

KINSHASA, République démocratique du Congo — Des affrontements entre les forces de sécurité et des manifestants opposés au président Joseph Kabila ont fait au moins 17 morts dans la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), lundi, après l’annonce du report de l’élection présidentielle prévue prochainement.

Certains voient ce report comme une tentative du président Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la date prévue de la fin de son mandat, en décembre. Il pourrait en effet rester président si aucune élection n’a lieu pour choisir son successeur.

Les manifestants ont lancé des pierres aux policiers, en plus d’incendier des pneus et des véhicules, selon des témoins. Le ministre de l’Intérieur Évariste Boshab a confirmé la mort de trois policiers, dont un qui aurait été brûlé vif.

Un photographe de l’Associated Press a vu les corps d’au moins quatre civils qui présentaient des marques de blessures par balle.

Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a qualifié les manifestations d’acte criminel prémédité.

Des observateurs se demandent depuis plusieurs mois si l’élection présidentielle prévue en RDC le 27 novembre pourra avoir lieu. La commission électorale du pays a prévenu que les listes d’électeurs ne seraient pas prêtes avant juillet 2017 et a officiellement demandé le report du vote en fin de semaine.

La RDC, un pays aux ressources naturelles considérables mais dont la majorité de la population vit dans une grande pauvreté, a subi une violente guerre civile jusqu’en 2003, et son instabilité politique a souvent provoqué l’intervention des armées des pays voisins.

Le président Kabila, qui a pris le pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père, l’ex-président Laurent-Désiré Kabila, n’a pas encore annoncé s’il briguerait un nouveau mandat, bien que la Constitution le lui interdise. Certains croient qu’il souhaite retarder l’élection afin de prolonger son règne.

Des violences ont aussi éclaté ailleurs dans le pays. Le groupe new-yorkais de défense des droits de la personne Human Rights Watch affirme que la police a utilisé des balles réelles vendredi dans la ville de Lubumbashi. Elle dénonce aussi l’arrestation de plusieurs membres de l’opposition au cours des derniers jours.

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