NEW YORK — Le président américain Barack Obama a reconnu mardi que les États-Unis et les autres puissances mondiales n’ont qu’une capacité limitée à régler les problèmes les plus urgents de la planète.

Il a aussi estimé que la trajectoire de la mondialisation a besoin d’être «corrigée» pour assurer que les pays ne se replieront pas sur eux-mêmes dans un monde de plus en plus divisé.

S’adressant pour la dernière fois à l’Assemblée générale des Nations unies, M. Obama a admis que la violence extrémiste et sectaire qui frappe le Moyen-Orient «ne sera pas renversée rapidement». Il a ensuite répété que les efforts diplomatiques, et non les solutions militaires, permettront de régler les conflits, dont la guerre civile en Syrie.

Décochant des flèches évidentes en direction de Donald Trump, le candidat républicain à la présidence, M. Obama a dit que la planète est trop petite pour qu’on puisse se protéger de l’extrémisme simplement en érigeant un mur.

Le président n’a pas mâché ses mots concernant la Russie, au moment de diagnostiquer les problèmes de la planète. Il a accusé Moscou de chercher à retrouver par la force sa gloire perdue. Ses propos illustrent clairement des divergences profondes qui permettent à la crise syrienne de continuer à s’envenimer.

M. Obama a demandé aux leaders de la planète d’ouvrir leurs coeurs aux réfugiés qui cherchent une meilleure vie. Il a ensuite invité les pays du monde à rejeter l’autoritarisme au profit de sociétés plus ouvertes.

Plus tôt pendant la journée, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, avait condamné ces leaders qui continuent «à alimenter la machine de guerre» en Syrie, violent les droits de la personne et empêchent l’aide humanitaire de rejoindre les populations affamées.

M. Ban, dont le mandat se termine le 31 décembre, a profité de l’ouverture de l’Assemblée générale pour déclarer que des «commanditaires puissants» des deux camps de la guerre civile syrienne ont «du sang sur les mains».

Il a déclaré être en présence de gouvernements qui ont fermé les yeux, aidé, financé, participé, planifié ou même perpétré les atrocités infligées par tous les belligérants syriens contre des populations civiles. Il a ensuite pointé du doigt le gouvernement syrien, qui continue selon lui à larguer des barils explosifs sur les quartiers rebelles et à torturer systématiquement des milliers de prisonniers.

Faisant le bilan de ses dix ans à la tête de l’ONU, M. Ban a évoqué l’émergence du «pouvoir du peuple» grâce aux téléphones cellulaires qui couvrent la planète. Il a aussi mentionné le recul de la pauvreté, les transitions politiques au Myanmar et au Sri Lanka, et le cessez-le-feu conclu en Colombie.

Son discours annuel sur l’état du monde s’est toutefois concentré sur les multiples problèmes qui frappent la planète et sur les leaders qui ne font rien pour les résoudre. Il a énuméré plusieurs «menaces graves à la sécurité» — les combats au Yémen, en Libye, en Irak, en Afghanistan et au Sahel, et le conflit israélo-palestinien où «l’éventualité d’une solution à deux États perd du terrain chaque jour».

M. Ban a ensuite évoqué d’autres problèmes, allant des changements climatiques jusqu’aux extrémistes qui divisent le monde en deux camps: «eux» et «nous».

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